Les arbres vénérables du territoire

Par Hélène Gingras
Les arbres vénérables du territoire
(Photo : Le Reflet - Denis Germain)

Depuis 2017, la Vigile verte recense les arbres publics les plus vieux et les plus gros du territoire.

L’organisme de conservation et de protection profite du fait que les Villes soulignent un anniversaire important pour faire connaître aux citoyens les spécimens de la forêt qui les entourent.

«On trouve que c’est festif de les mettre en lumière de la sorte. C’est aussi un bel exercice d’humilité pour une Ville de savoir qu’il y a un ou des arbres aussi vieux que sa date de fondation», explique Gina Philie, secrétaire de la Vigile verte.

«La majorité des Villes n’ont pas d’inventaire arboricole pour tous leurs arbres publics.»

-Gina Philie, secrétaire de la Vigile verte

L’organisme précise néanmoins que son calcul de l’âge d’un arbre est approximatif, puisqu’il n’effectue pas de relevés directs auprès de l’arbre. Cependant, la circonférence du tronc peut être un bon indice.

Néanmoins, ce n’est pas une donnée absolue sur l’âge du feuillu.

«Certaines espèces d’arbres grandissent plus vite que d’autres, dit Mme Philie. De plus, un arbre qui pousse en bordure d’un cours d’eau entouré de végétation plus basse que lui aura un apport en eau plus constant et sera plus protégé contre les effets de la sécheresse. Ça va lui donner un coup de pouce pour grandir.»

Idem dans le cas d’un arbre qui grandit dans un milieu isolé comme, par exemple, dans un pâturage.

«Le fait que les vaches mangent l’herbe et piétinent la succession végétale permettent à l’arbre de s’accaparer les nutriments disponibles sans grande compétition comme en forêt, ce qui peut avantager sa croissance, poursuit-elle. Une population de la même essence d’arbre augmentera aussi la croissance de chaque individu, car ils s’aideront comme une famille.»

Un rôle écologique vital

À Saint-Constant, la Vigile verte évoque l’importance de sauvegarder le plus vieil arbre public, d’autant plus à l’heure où l’agrile du frêne détruit le couvert forestier.

«La population résiduelle de chêne à gros fruits est précieuse dans son ensemble, car il y a un élément de rareté des kilomètres à la ronde, affirme l’organisme dans une publication sur sa page Facebook. Son rôle écologique est vital. C’est entre autres, un refuge pour les animaux qui utilisent la rivière pour avoir une connectivité entre les milieux naturels.»

«L’ancien propriétaire était visionnaire de les avoir conservés, car généralement parlant, il n’y a pas de bande riveraine de cette qualité près de la rivière Saint-Régis. Maintenant un lieu public, c’est à la population et à la municipalité de s’assurer de sa conservation et sa protection», avance l’organisme.

À noter que la Vigile verte a débuté son recensement après le 75e anniversaire de la Ville de Sainte-Catherine. C’est pourquoi cette Municipalité ne figure pas dans la liste pour le moment.

 

Arbres vénérables par villes

Peuplier deltoïde au parc André-J.-Côté, entre la scène et l’usine de filtration.

 

 

Candiac

Peuplier deltoïde au parc André-J.-Côté, entre la scène et l’usine de filtration

Âge approximatif: 60 ans

Grosseur: 547 cm de circonférence/diamètre hauteur poitrine (DHP) 174 cm

En comparaison, selon Arbres remarquables et boisés du Québec, le plus gros peuplier deltoïde du Québec serait à Noyan et mesurerait 250 cm de DHP. Sa longévité est de maximum 100 ans en milieu ouvert.

 

 

 

 

 

 

 

Chêne anglais devant le presbytère.

 

 

 

Saint-Mathieu

Chêne anglais devant l’ancien presbytère

Âge approximatif: 100 ans

Grosseur: 266 cm de circonférence/DHP 85 cm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tilleul devant le presbytère.

 

 

 

La Prairie

Tilleul devant le presbytère

Âge approximatif: 40 ans

251 cm de circonférence/DHP 80 cm

Le chêne qui se trouve tout près est plus petit, mais plus vieux. Selon les photos d’archives de la Société d’histoire de La Prairie de la Magdeleine, les gros arbres publics de La Prairie sont morts. Il s’agissait tous d’ormes d’Amérique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aux côtés de ce chêne à gros fruits, ce jeune a l’air minuscule.

 

 

 

Delson

Chêne à gros fruits en zone inondable du parc de la Tortue

Âge approximatif: 380 ans

346 cm de circonférence/DHP 110 cm

Il est beaucoup plus âgé que le peuplier deltoïde au parc Arthur-Trudeau de la même grosseur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chêne à gros fruits dans le boisé privé de la rue Stéphane et celui en bande riveraine de la rivière Saint-Jacques à Saint-Philippe.

 

 

Saint-Philippe

Chêne à gros fruits dans le boisé privé de la rue Stéphane et celui en bande riveraine de la rivière Saint-Jacques

Âge approximatif: 350 ans

304 et 303 cm de circonférence/DHP 97 cm

 

 

 

 

 

 

 

Caryer ovale.

 

 

 

Caryer ovale en bande riveraine de la rivière Saint-Jacques

Âge approximatif: 250 ans

290 cm de circonférence/DHP 92 cm

Il est très rare que le caryer ovale dépasse 80 cm de DHP.

 

 

 

 

 

 

 

Chêne rouge

 

Chêne rouge d’Amérique en zone inondable de la rivière Saint-Jacques

Âge approximatif: 150 ans

299 cm de circonférence/DHP 95 cm

Le chêne rouge a une croissance lente au début, mais dominant, sa croissance s’accélère. Il a bénéficié de la bande riveraine et d’un lieu où il a longtemps surplombé ses voisins. En comparaison, un chêne à gros fruits vivant dans des conditions semblables et qui atteindrait le même diamètre serait beaucoup plus âgé.

 

 

 

 

Chêne à gros fruits hybride dans le sentier «Coeur en mouvement» longeant la rivière Saint-Régis à la base de plein air Saint-Constant.

 

Saint-Constant

Âge approximatif: 350 ans

302 cm de circonférence/DHP 96 cm

Selon l’Association forestière du Sud du Québec, le diamètre de croissance d’un chêne à gros fruits est de 2,18 mm/an en forêt non aménagée et 2,39 mm/an en forêt aménagée. Un chêne à gros fruits devrait vivre assurément 200 ans, potentiellement 400 ans (60 à 120 cm de DHP).

(Source: Vigile verte)

 

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