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Les déversements d’eaux usées élevés dans la région, selon une fondation

jeudi le 05 novembre 2020
Modifié à 14 h 29 min le 06 novembre 2020
Par Vicky Girard
L’intensité des déversements d’eaux usées est jugée comme élevée à La Prairie, Candiac, Saint-Constant, Sainte-Catherine et Delson, selon un bilan de la Fondation Rivières rendu public le 28 octobre. Toutefois la Régie d’assainissement des eaux qui les traitent estime que les données sont «théoriques, et ne sont pas basées sur des faits».   La Prairie, incluant les quatre autres villes desservies par sa station d’épuration, se classe 33e sur 50. Ce, en raison de son indice d’intensité des déversements atteignant 401 955. À titre indicatif, la première municipalité, Longueuil, affiche un indice de 19,8 M, soit le pire. L’organisme fonde ses calculs sur le nombre de déversements et la durée de ceux-ci pour en mesurer l’indice d’intensité. «Il est très difficile de mesurer la quantité d’eaux usées qui s’échappe dans les rivières en cas de déversement, puisque ces données n’existent pas», précise la Fondation Rivières. Elle se fie également sur la taille des ouvrages qui débordent. L’organisme tient pour acquis que plus un ouvrage est grand, plus le volume d’eaux usées rejetées en cas de déversement est élevé. De son côté, le directeur général de la Régie d’assainissement des eaux du bassin de La Prairie, Gilbert Samson, défend que plusieurs éléments ne sont pas considérés, dont l’eau de pluie. «La station est faite pour traiter toutes les eaux usées. On ne peut pas nier qu’il y a des débordements, mais c’est généralement en raison de l’eau de pluie», dit-il. André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières, argumente qu’«un débordement, c’est presque toujours un mélange d’eau de pluie et d’eaux sanitaires, mais jamais seulement de l’eau de pluie». La vigile verte, organisme sans but non lucratif de conservation des milieux naturels basé à La Prairie, considère que «ça fait réaliser l’excès d’utilisation d’eau des ménages […] nos infrastructures ne peuvent pas traiter toute l’eau usée que notre communauté produit alors on doit la rejeter dans les cours d’eau». Toutefois, selon M. Samson, le bilan ne peut permettre d’en venir à ce constat. «Il faut aller à la source» insiste M. Samson en ajoutant plusieurs exemples de facteurs affectant la quantité d’eau à traiter et les débordements. Il mentionne notamment les robinets qui coulent, les toilettes à grand débit ou les citoyens dont la pompe à puisard est directement branchée à l’égout. De plus, les édifices construits avant 1980 peuvent avoir un toit plat lié à l’égout. Puis, des maisons bâties avant la même année qui ont des raccordements croisés ont un impact. «Il faut que chacun fasse sa part pour réduire les débordements», affirme M. Samson. Concernant les villes, il dénote que des égouts fissurés sont aussi à considérer, mais qu’elles ne peuvent être toutes réparées en raison des coûts. Il explique que la station dessert environ 200 000 habitants. Les industries représentent l’équivalent de la moitié de ce nombre. Avec un rendement de 96%, il souligne que les infrastructures de la station sont adéquates, mais il ne s’avance pas sur celles de chaque ville sur le territoire. Un bassin de rétention à la Prairie permet d’emmagasiner 8h de débit pour 15 millions de litres d’eau, détaille M. Samson. Cibler les urgences «L’idée derrière ce palmarès n’est pas de pointer du doigt certaines villes, mais surtout de signifier aux gouvernements les endroits où il faut agir en urgence. Actuellement aucune analyse des priorités d’investissement n’est effectuée. L’argent est injecté de manière aléatoire sans planification territoriale», laisse savoir M. Bélanger. Il ajoute que pour apporter une solution au problème, «on doit réaliser les travaux en fonction des enjeux prioritaires par bassin versant». C’est le diagnostic que la carte et le palmarès permettent de faire, à son avis. Autres palmarès et villes Les municipalités sur le territoire couvert par Le Reflet comptent un total de 227 déversements, soit 3,888 en termes d’intensité par habitant, en 2019. En vertu de ces chiffres, elles ne font pas partie des autres palmarès des pires villes selon le nombre de déversements ni celui selon l’intensité par habitant. En comparaison, du côté de Saint-Mathieu et de Saint-Philippe, où la station d’épuration est située sur le territoire de la deuxième municipalité, on dénombre 13 déversements, soit 0, 335 en termes d’intensité par nombre d’habitants, toujours selon Fondation Rivières. Ces deux villes déversent dans la rivière Saint-Jacques, alors que celles desservies par La Prairie le font dans le fleuve Saint-Laurent. Consommation d’eau record, pas de débordement Questionné sur la consommation d’eau record enregistrée sur le territoire cet été, M. Samson indique qu’il n’y a pas eu de débordement à la station, puisque «c’était sec» et que la pluie s’est faite rare. La Fondation Rivières confirme que «c’est très rare que les réseaux d’égout vont déborder par temps sec». Son directeur général détaille cependant qu’«il y a un phénomène extrêmement dommageable qui se produit lorsqu’il y a un débordement causé par une pluie après une période de temps sec». Il s’agit du lessivage dans l’environnement de matières solides qui se sont déposées dans les réseaux. «Il y a alors des blocs solides qui se retrouvent dans les rivières», dit M. Bélanger.  

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