Les élèves font des plats cuisinés pour les jeunes défavorisés

Par Denis Bourbonnais
Les élèves font des plats cuisinés pour les jeunes défavorisés
(Photo : Le Saint-François - Pierre Langevin)

Les travaux manuels, la cuisine, l’entretien ménager, la menuiserie, l’aménagement paysager et le service à la clientèle: voilà en essence les formes d’apprentissage qui peuvent désormais se jumeler au parcours académique des élèves au Centre du Nouvel-Envol à Salaberry-de-Valleyfield.
Ainsi, des programmes intégrateurs sont offerts aux jeunes adultes qui fréquentent l’établissement d’enseignement de la rue Saint-Charles afin de soutenir leur motivation selon les besoins exprimés par chacun.
A titre d’exemple, les élèves peuvent devenir traiteur d’un jour et préparer des plats dans la cuisine aménagée à l’école. Des repas concoctés par les quelque 40 élèves participants sont congelés et acheminés à des classes d’écoliers en milieu défavorisé ainsi qu’au bistrot des Centres intégrés du Nouvel-Envol. Les mardis et mercredis, il en coûte 1 $ à 3 $ aux élèves pour dîner à l’école alors les membres du personnel n’ont qu’à débourser 5 $.
Ce projet de cuisine a été élaboré en collaboration avec la «Tablée des chefs» dont la mission est de nourrir les familles dans le besoin tout en éduquant les générations futures au développement de l’autonomie alimentaire. De plus, le Centre du Nouvel-Envol a été accrédité par Moisson Sud-Ouest pour faire de la transformation alimentaire. Nathalie Dupont a été embauché comme chef formatrice pour encadrer les élèves.
Véronique Laurin, enseignante spécialisée en adaptation scolaire, croit que ces classes procurent une nouvelle avenue aux élèves inscrits en intégration socioprofessionnelle ou en insertion sociale. «On se demandait comment favoriser le parcours de ces élèves quand ils partaient du secondaire. La cuisine est un atelier parmi tant d’autres, qui s’ajoute à la buanderie et à la construction», décrit-elle.
La directrice des Centres intégrés du Nouvel-Envol, Linda St-Onge insiste sur l’aspect valorisant de ces nouveaux programmes pour les élèves qui éprouvent plus de difficulté à réussir leur parcours scolaire.
«Tout en poursuivant leur apprentissage des matières académiques, les élèves adultes peuvent participer à divers ateliers pouvant mener à un emploi stable. Le besoin d’apprendre ne s’éteint pas au terme d’un parcours de scolarisation plus ou moins long, qu’il ait permis à la personne d’obtenir une sanction reconnue par la société ou non. Au contraire, ce besoin est à la base du droit à l’éducation pour les adultes», de signifier Mme St-Onge.
«Ces programmes permettent d’offrir aux jeunes une formation de base qui leur donne la possibilité de s’outiller en vue de poursuivre leurs apprentissages de façon autonome après la période de fréquentation scolaire obligatoire. Cette proposition suggère aussi le déploiement d’un système éducatif favorisant les apprentissages en lien avec les projets des personnes de tous âges», précise la directrice.
Le Centre du Nouvel-Envol serait d’ailleurs la seule institution scolaire au Québec à dispenser ces programmes adaptés à des besoins plutôt qu’un cadre défini par les services d’enseignement. Cette initiative a attiré des jeunes adultes provenant de l’extérieur de la région et une nouvelle clientèle a été créée à l’école qui compte environ 500 élèves.

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