Lettre ouverte : Déçue des adultes

Lettre ouverte : Déçue des adultes

Des visages de citrouilles.

Le 29 octobre, plusieurs municipalités fêtent l’Halloween. Mon adolescent de 14 ans et ses amis se donnent rendez-vous dans le Vieux-La Prairie.

Nous demeurons à Candiac, mais tous les souvenirs d’Halloween de mes enfants y sont. Pendant leur enfance, c’est là qu’ils ont fait leur cueillette. Je trouve que le Vieux-La Prairie est beau à l’Halloween, tant par l’architecture que l’implication des commerçants.

Ce soir-là, il pleut des cordes. Il grêlera même en soirée. Toutefois, mon fils refusera que j’aille le reconduire. Il prendra l’autobus, un transfert, puis marchera une quinzaine de minutes à la pluie battante jusqu’à destination.

Quand, comme toute bonne mère, je lui demanderai de s’habiller plus chaudement, il me répondra: «Arrête maman, la pluie ne gâchera pas ma soirée!». Il a dans son sac des masques pour ses amis et un petit sac pour ses bonbons pour cogner à quelques portes.

Il reviendra bredouille! Ça m’a touché, fait de la peine. Mais pourquoi? À l’en croire, les résidents ne semblaient pas chauds à l’idée de donner à des plus grands. Lui et ses amis se sont fait répondre: «On en donne seulement aux enfants.» D’autres leur ont dit: «Faites autre chose de votre samedi!»

Mais que sont-ils censés faire d’autres de leur samedi? Je me garde de répondre parce que personnellement, je trouvais que c’était une excellente idée d’activité pour ce samedi soir. Heureusement, ils ont pu avoir des bonbons dans le cadre de la fête organisée par la Ville. Des organismes étaient sur place. La Maison des jeunes, entre autres, campée sous une tente, leur en a donné.

On dit que l’Halloween est une fête d’enfants? C’est quoi la date de péremption? Parce que je n’ai pas trouvé les mots pour exprimer ma déception et consoler celle de mon fils.

Les adolescents vivent beaucoup de changements; les familles éclatent, se recomposent, se reconstruisent. Être ensemble, s’amuser, socialiser est ce qui les aide à passer au travers.

Nous avons de beaux ados, je les côtoie au quotidien. Oui, ils parlent plus fort! Oui, ils rient plus fort!

Ils voulaient vivre une belle soirée entre amis. Ils y ont mis un certain effort. L’effort de se rendre, de demeurer au froid, sous la pluie… en espérant des sourires et une poignée de bonbons.

Il est où le bonheur? Il est où? Eh! bien samedi, il aurait pu être là pour une poignée d’ados revenus chez moi bredouilles, trempés et déçus!

Claude Bertrand

Candiac

 

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