Culture

L'homoparentalité à travers le regard d'une auteure jeunesse 

samedi le 05 juin 2021
Modifié à 10 h 31 min le 05 juin 2021
Par Audrey Leduc-Brodeur

Lindsay B. (Photo gracieuseté)

Dans son premier livre jeunesse Joyeuse fête des mères!, une auteure de Saint-Constant normalise l’homoparentalité à travers la quête de Rosie pour trouver des cadeaux à ses deux mamans.

Sensible aux enjeux de l’homophobie et du racisme, notamment, celle qui se fait appeler Lindsay B. aborde ces thèmes qui lui sont chers. La jeune femme de 22 ans n’a peut-être pas vécu l’histoire qu’elle relate, convient-elle, mais elle la juge néanmoins «pertinente et importante».

«Je suis une personne très ouverte. Je n’ai pas de problème à voir un petit garçon porter une robe, par exemple», confie l’étudiante en enseignement primaire à Montréal et suppléante sur la Rive-Sud.

Dû à sa profession, l’artiste originaire d’Ottawa lit une énorme quantité de livres pour enfants. Toutefois, très peu proposent de la diversité, tant dans le récit que chez les personnages, a-t-elle constaté.

«Je pense que la meilleure façon d’en parler aux enfants n’est pas nécessairement de mettre l’accent sur la différence, mais de l’intégrer à l’histoire pour que ça devienne normal», soutient-elle.

Ainsi, Rosie a la peau noire comme l’une de ses mamans, alors que l’autre a la peau blanche. Cette réalité est présente dans le livre mais pas discutée davantage, puisque c’est le souhait de Lindsay B. Dans ces prochaines œuvres, cette dernière veut traiter «indirectement» d’autres stéréotypes, comme ceux liés aux handicaps physiques, sans en faire l’enjeu central du récit, confie-t-elle.

D’après l’auteure, et selon les commentaires de ses collègues en enseignement, la réponse des élèves à la lecture de son livre est «très positive».

«Les jeunes sont captivés, relate-t-elle. C’est mon rêve de voir mon livre devenir une ressource en classe.»

«Écrire de la littérature jeunesse me donne l’impression de faire œuvre utile.» -Lindsay B., auteure

Édition et illustration

Lindsay B. avait entamé plusieurs histoires sans les terminer lorsque la pandémie est arrivée au printemps 2020. Les cours étant suspendus, elle a pu consacrer son temps à l’écriture.

«Une amie éditrice de livres jeunesse m’a aidée en m’introduisant au concept de l’autopublication qui est assez complexe, raconte-t-elle. J’ai décidé de me tourner vers le service d’imprimerie d’Amazon. C’est moins cher pour l’auteur, car Amazon imprime à l’unité, donc seulement lorsqu’une commande est passée.»

Elle a aussi fait appel à une illustratrice de la Nouvelle-Écosse, Katy Philipps. Bilingue, l’auteure a publié son livre d’une vingtaine de pages en français et en anglais.

«Même si j’aime plusieurs genres littéraires, je préfère continuer dans la littérature jeunesse, car j’aime voir mon histoire prendre vie à travers les images de l’illustratrice», fait savoir celle qui a vendu presque 200 copies de Joyeuse fête des mères! sur Amazon depuis sa parution le 17 avril.

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