Lorsque les arbres renaissent en oiseaux

Photo de David Penven
Par David Penven
Lorsque les arbres renaissent en oiseaux

À partir de morceaux de bois ayant séjourné dans la vase durant des décennies, l’artiste Richard Lambert crée des oiseaux. Ses sculptures sont en montre à la bibliothèque municipale de La Prairie.

«Je prends ces bois dans un lac du Grand Nord qui a été inondé en 1929. Je ne pourrais pas faire ça avec du bois venant d’ailleurs, comme celui des rivières ou de la mer. Ces morceaux sont uniques en raison de la nature de l’eau et du nombre d’années qu’ils sont là», raconte le résident de Brossard.

Celui-ci garde secret l’endroit où il s’approvisionne.  

En raison de leur long séjour dans l’eau, il faut compter en moyenne deux ans avant qu’une œuvre voit le jour.

«C’est normal, car le bois est imbibé. Il y a tout un processus de séchage et il faut enlever les bibittes. On doit être patient. Une fois conservé, il n’y a plus de problème», poursuit le sculpteur.

C’est lors du ramassage des pièces, constituées majoritairement d’érable, que Richard Lambert décidera de quelle manière il pourra tirer parti de ses trouvailles.

«Je garde à 95% leur forme naturelle. Le plus difficile quand on réalise les oiseaux, c’est l’imagination. Je m’inspire du même principe que lorsqu’on était petit et qu’on regardait les nuages afin d’y trouver des animaux ou des personnages», explique-t-il.

Chaque oiseau est affublé d’une douille à pâtisserie en guise de bec, que le principal intéressé travaille à l’aide d’une meule.

Retour aux sources

L’artiste déclare qu’en métamorphosant ces érables en oiseaux on assiste en quelque sorte à un retour aux sources.

«Ces arbres étaient vivants et il y avait des oiseaux. Et moi, je transforme ces arbres en oiseaux. Ils renaissent sous une autre forme», affirme Richard Lambert.  

Parmi la soixantaine d’œuvres qu’il a réalisées, une vingtaine de pièces sont en montre dans le cadre de l’exposition.

Ayant exploré différentes formes d’art, le créateur a entrepris dernièrement de s’initier à la sculpture en bronze.

«Je reviens d’Iverness [Centre-du-Québec] où on trouve deux mouleurs et un musée du bronze qui est de toute beauté. Je veux faire des oiseaux dans ce matériau, car il y a une clientèle pour ça», souligne le sculpteur.

Multidisciplinaire

Artiste autodidacte originaire de Drummondville, Richard Lambert a touché à plusieurs sphères de l’art dont la musique, la peinture, le pastel et la fabrication de murales.

«J’ai toujours aimé l’art. À 17 ans, je vendais mes peintures pour payer l’université», se souvient-il.

Retraité après avoir travaillé dans l’aménagement d’intérieurs d’hôtels, il se consacre désormais à son art. Richard Lambert a reçu une mention d’honneur du jury à l’occasion du 22e Salon des arts visuels de Brossard en 2014.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires