Ma rentrée ratée

Ma rentrée ratée

Le billet du 2 septembre 2015 de Hélène Gingras.

Est-ce qu’on a une deuxième chance de faire bonne impression?

Je n’ai jamais aimé les rentrées scolaires. C’était plutôt pour moi un mal obligé. Je dormais mal la veille. J’étais stressée.

Je n’aimais pas l‘atmosphère qui régnait dans la classe. Parmi le brouhaha de chacun qui cherche sa place. Un mélange d’excitation, de découvertes et d’appréhensions. Qui parfume l’air ambiant. Jusque dans les moindres coins. À nous empêcher de respirer normalement. Ni les jeux d’observation. Du prof qui jauge sa classe. Des élèves qui cherchent à tout prix à se faire un ami.

J’aimais mieux la deuxième journée. Lorsqu’un début de rythme commençait doucement à s’installer.

Aussi, je n’ai pas gardé de très bons souvenirs de mes rentrées scolaires. Celle de mon entrée au Cégep est mémorable…

J’ai beau ne pas aimer la rentrée, je cherche malgré tout à faire bonne impression. Aussi, je me suis mise sur mon 36. Je n’ai pas lésiné sur les vêtements. J’ai sorti l’ensemble une pièce que j’ai porté au mariage de mon cousin quelques semaines plus tôt. Un <@Ri>jumper<@$p> kaki en coton. Très à la mode au la fin des années 1980. Assorti d’une ceinture blanche en tissu à la taille. Qui se déplace de temps à autre parce que l’élastique n’arrive pas exactement à ma taille! Je porte aussi des souliers ouverts blancs. Et des boucles d’oreilles de la même couleur.

Je me sens bien. Belle. J’ai confiance en moi. Tout ce dont j’ai besoin pour faire bonne impression, de mon  point de vue. D’autant plus que je prends le métro pour la première fois pour aller en classe.

Sans le savoir, j’ai négligé un facteur ce matin-là. La météo. Galarneau est parti se cacher. À ma sortie du métro, à Montréal, il pleut à boire debout. Puis, j’ai une pente à monter jusqu’à la rue Sherbrooke. Assez abrupte. La pluie coule sur le trottoir comme si on vidait une piscine. L’eau s’infiltre dans mes souliers. Mon <@Ri>jumper<$p> se mouille.

Je ne vois aucun endroit où m’abriter. Pas le choix, il faut que je fonce au Cégep au plus vite.

J’ai passé l’avant-midi à grelotter discrètement en classe. Les souliers trempés. Le jumper détrempé. En espérant que cette journée se termine au plus tôt. Et que j’aie réussi à rester suffisamment discrète jusqu’au lendemain. Pour me montrer sous un meilleur jour.

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