Miraculée du cancer

Miraculée du cancer

Survivante du cancer, Mei-Lin Yee a décidé de s’impliquer à la Société canadienne du cancer dont au Relais pour la vie à La Prairie.

Crédit photo : Le Reflet - Denis Germain

Mei-Lin Yee connaît bien le cancer. Pendant cinq ans, la responsable du Relais pour vie à La Prairie a subi 174 traitements de chimiothérapie. En rémission aujourd’hui, elle affirme que son oncologue parle de miracle.

Les symptômes se sont manifestés chez elle par une perte de poids, une fatigue chronique et un «chatouillement» sous une aisselle en mai 2009. Croyant qu’elle s’était étiré un muscle, sa clinique médicale l’a envoyée en physiothérapie. Après deux mois de traitements, ce qui était un inconfort s’est transformé en une masse. Mme Yee s’est rendue à l’Hôpital général juif où une biopsie a été pratiquée.

«Je suis passée de femme en santé, mariée, trois enfants et pleine de rêves à celle d’une personne ayant un cancer de stade 4, le plus avancé», explique Mme Yee. Elle avait alors 45 ans.

Le résultat du scan qui a suivi est dévastateur: le cancer est généralisé.

«On pense qu’avec toute cette chimio que j’ai eue, que mon corps était ravagé. Et quand la chimio a été arrêtée, mon système immunitaire s’est réveillé.»

– Mei-Lin Yee

«On est tellement en état de choc qu’on ne réussit pas à comprendre ce qui nous arrive. Quand je regarde les photos à cette époque, j’étais toujours souriante. Si vous me demandez de raconter un souvenir, je n’en ai pas. J’étais sur le pilote automatique», déclare-t-elle.

 

Espérance de vie et perruques

Aucun traitement curatif ne lui a été proposé. Le cancer s’était infiltré dans les moindres recoins de son corps: poumons, rate, vésicule biliaire, pancréas, os et moelle osseuse, pour ne citer que ceux-là, sont touchés.

«On m’a proposé de la chimiothérapie pour prolonger ma vie de deux ans et de la radiothérapie pour soulager la douleur sous mon bras, dit Mme Yee. Ces tumeurs m’ont fait réaliser que j’avais un corps très fort. Mon médecin m’a dit que, probablement, je vivais avec le cancer depuis une dizaine d’années.»

Au fil des traitements, Mei-Lin Yee a continué à se rendre au travail.

«C’était important de maintenir ma vie comme elle l’était avant. Je n’avais pas de vomissements, juste de la fatigue. C’était plus facile d’aller travailler pour me changer les idées plutôt que rester à la maison», affirme celle qui assumait les fonctions de directrice des ressources humaines dans une entreprise montréalaise.

Au début des traitements de chimiothérapie, elle a pu éviter la perte de ses cheveux avant d’être confrontée à l’inévitable.

«C’était très difficile, car c’est à ce moment que les gens réalisent qu’on est malade, se rappelle cette dernière. On vit sous le jugement du regard de l’autre: celui de la pitié et des questionnements de son employeur.»

 

Miracle

Craignant que Mei-Lin Yee ne puisse supporter davantage les innombrables traitements de chimiothérapie, les médecins ont décidé d’y mettre fin.

«C’était en février, le mois où j’ai eu 50 ans. L’oncologue m’a dit qu’on allait laisser reposer mon corps. Mon mari m’a proposé de partir en croisière avec les enfants», raconte celle-ci.

Au cours de ce voyage, un «événement inexplicable», s’est produit.

«J’étais épuisée, je ne pouvais pas sortir du lit. J’ai eu mal partout pendant cinq jours. Et la 6e journée, je me suis réveillée. Je me sentais tellement bien avec beaucoup d’énergie qu’on a continué les vacances», affirme-t-elle.

À son retour, elle a relaté cet épisode à son médecin. Intrigué, il lui fait passer de nouveau un scan.

«Le matin du 21 mars, j’ai eu mon examen et à 15h, mon oncologue m’a appelé pour me dire le résultat, ce qu’il ne faisait jamais. Sa voix était brisée par l’émotion. Il m’a dit: “Mme Yee, tout est parti. Bonne fin de semaine”. Et il a raccroché. Je me suis effondrée. Mon mari m’a pris dans ses bras et j’ai pleuré comme je n’ai jamais pleuré de ma vie.»

A-t-elle peur que le cancer revienne?

«Ça fait quatre ans et trois mois que tout va bien. Je serais menteuse de dire que je n’y pense pas. Chaque fois que j’ai une douleur ou une grippe, ça me fait peur», affirme-t-elle.

Si son oncologue a employé le mot miracle, Mme Yee parle d’un destin à accomplir.

«Si l’on n’a pas d’espoir, on n’a rien. Je le savais avant, mais je le réalise davantage: chaque jour est un cadeau. On peut faire des projets qui nous nourrit même si l’on a le cancer.»

 

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