Pèlerinage sur deux roues

Par Hélène Gingras
Pèlerinage sur deux roues

Le billet du 23 septembre de Hélène Gingras.

Êtes-vous déjà retourné sur les lieux où vous avez grandi?

J’ai de la chance (certains diront que ce n’en est pas!!), je suis pratiquement née ici. Et j’y ai presque toujours habité. Aussi mes parents demeurent encore dans la maison qui m’a vue grandir.

L’autre soir, je suis partie pour une promenade à vélo. Comme il faisait noir, j’ai opté pour un tracé plus éclairé dans les rues secondaires. Plutôt que la piste cyclable du boulevard Marie-Victorin…

Sans m’en rendre compte, je me suis retrouvée dans la municipalité de mon enfance. Dans «MA» ville, comme je me plais parfois à le dire. Par pur sentimentalisme.

Je me promenais à mon rythme. Au gré de mes envies. Tournant à droite sur telle rue. À gauche à la prochaine. Pour passer devant chez les jumelles (des amies qui ont marqué mon enfance). Devant mon ancienne école primaire aujourd’hui démolie. Chez René. Etc.

Sur presque chaque rue, je pouvais nommer au moins quelqu’un que j’ai connu. Ou qui y habite encore.

Aux souvenirs plus marquants me sont revenus d’autres. Comment j’étais devenue avec une telle. Du prénom du petit Sorel qui était aussi bon que moi en classe. De son ami Martin, tout aussi intelligent, mais un brin plus délinquant.

Je me revoyais en train d’écouter de la musique dans le sous-sol chez Marie-France. De cette maison plain-pied qui m’a toujours fasciné parce que le curé y avait tenu une messe en plein-air. De la dame de l’AFEAS, décédée d’un cancer du sein, qui m’a appris le tricot et d’autres bricolages dans le sous-sol de l’église sentant l’humidité.

En voyant le garage de Marie-Josée, je me suis demandé si le plancher a été repeint par d’autres personnes que notre "gang". Puis, est-ce que le gros arbre qui se trouvait dans la cour de Sylvain existe encore? Qu’est-il devenu de la famille de délinquants notoires qui faisaient la pluie et le beau temps dans les années 1980? Sont-ils en prison? Réhabilités? Vivants?

Et pourquoi cette maison est toujours à vendre, passant de main en main, comme si personne n’arrivait à y faire son nid? Tiens, je me souviens que celle-là a été perquisitionnée par la police. J’ai couvert l’histoire pour le journal. On y trouvait une serre hydroponique.

En enfourchant mon vélo ce soir-là, j’étais loin de me douter que j’allais revisiter les lieux de mon enfance.

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