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Pierre-Hugues Boisvenu veut implanter une application pour protéger les femmes

vendredi le 28 janvier 2022
Modifié à 10 h 56 min le 28 janvier 2022
Par Vicky Girard

vgirard@gravitemedia.com

Pierre-Hugue Boisvenu poursuit sa lutte contre la violence faite aux femmes. (Photo gracieuseté)

Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu planche sur un projet-pilote d’application mobile qui permettrait aux femmes dans une situation de violence conjugale ou se sentant en danger d’envoyer des enregistrements directement à la police, notamment. Ce, de concert avec les villes du territoire. 

L’application donnerait la possiblité aux femmes de prendre des photos ainsi que des enregistrements vidéo et sonores consignés dans un nuage informatique Celui-ci peut être partagé avec les corps policiers et déclencher une alerte.
Cela fait en sorte que si un agresseur prend possession du téléphone de sa victime, il ne peut supprimer ou manipuler le matériel, détaille le résident de Saint-Philippe.

De plus, lorsqu’une plainte est déposée, les données recueillies pourraient servir d’éléments de preuve en cas, par exemple, de menaces ou de transgression d’une ordonnance de la Cour. 

«C’est beaucoup plus solide, puisque c’est déjà entre les mains des policiers et ça ne peut pas être modifié. Je discute fréquemment avec des femmes victimes de violence conjugale et elles font des enregistrements, mais ce n’est pas toujours admissible», explique M. Boisvenu. 

Apport des Municipalités

Le résident de Saint-Philippe rencontre présentement une dizaine de municipalités du Québec afin de leur présenter l’application visant à protéger les femmes via le réseau cellulaire. Candiac, La Prairie, Delson, Sainte-Catherine, Saint-Constant et Longueuil en font partie. Elles ont été sélectionnées selon leur superficie et leur bassin de population, entre autres. Après les premières discussions, il a été convenu que les maires de la MRC de Roussillon seront tous rencontrés éventuellement.  

«Ce sera aussi suivi de près par le ministère de la Sécurité publique du gouvernement du Québec et la ministre Geneviève Guilbault, précise M. Boisvenu. On parle aux élus, puisqu’ils sont le lien avec les services policiers et le 911.»

Le projet-pilote permettra notamment de créer un cadre déterminant pour quelles femmes l’application au coût de 20 à 30$ par mois serait utile. 

«Ce sera un outil qui ne nécessitera pas de décision judiciaire, fait néanmoins savoir le sénateur. Une femme pourra décider de se munir de celui-ci si elle se sent en danger. C’est plus accessible qu’un bracelet électronique porté par l’agresseur.» 

M. Boisvenu témoigne avoir présenté le projet à des femmes victimes de violence conjugale, dont Martine Jeanson qui lutte pour la cause, afin que l’application soit développée selon leurs besoins. 

Jusqu’à maintenant, il a constaté que les Villes sont réceptives à cette méthode. 

«Toutes les provinces canadiennes et les ministres rencontrés s’entendent aussi presque unanimement, qu’en matière de protection des femmes, il faut faire quelque chose», soutient le sénateur. 

À son avis, il est temps que les victimes aient accès à une technologie accessible pour leur sécurité.

 «Je ne comprends pas pourquoi en 2022, dans un pays qui se dit moderne, nous n’avons pas un moyen moderne et efficace pour protéger les victimes.»
-Pierre-Hugues Boisvenu

Celui qui a perdu sa fille Julie aux mains d’un récidiviste libéré en 2002 ne peut s’empêcher de penser que si l’application avait existé, elle serait encore en vie. 

«Ce serait aussi le cas pour au moins la moitié des femmes assassinées l’an dernier au Québec, ou encore Isabelle Bolduc tuée à Sherbrooke par trois récidivistes», soulève M. Boisvenu.

Projet de loi en marge

Le sénateur a été approché par l’entreprise privée Eye Nation ainsi que l’organisme Liberté action protection accompagnement citoyen témoignage virtuel (LAPACT) l’année dernière. Précisément lorsqu’il a déposé un projet de loi fédérale visant à modifier le Code criminel, en termes de liberté provisoire et d’engagement en cas de violence familiale. 

Ce projet de loi initial est «mort au feuilleton» en raison du déclenchement des élections en 2021. Toutefois, M. Boisvenu en a présenté une nouvelle version et continue de le défendre. 

Il vise toujours à surveiller davantage les agresseurs lorsqu’une plainte est déposée contre eux, ou quand leurs conditions de libération sont modifiées et que leur victime n’est pas mise au courant. Le projet de loi inclut également des ordonnances et thérapies imposées spécifiques à la violence conjugale et le port du bracelet électronique.

L’application est complémentaire. L’idéal pour le sénateur serait que les deux projets aillent de l’avant afin de protéger les femmes en danger tout en surveillant les agresseurs. 

En chiffres
Pierre-Hugues Boisvenu cite quelques chiffres faisant état de la situation:
-En 2021, il y a eu environ 160 féminicides liées à la violence conjugale au Canada;
-Au Québec, 26 femmes ont perdu la vie dont 22 dans un contexte conjugal, un record depuis 2008 où on en comptait 27;
-Les agressions sexuelles et cas de violence conjugale représentent 60% des causes au palais de justice.