Les quatre saisons d’André Gagnon: par tous les temps

Les quatre saisons d’André Gagnon: par tous les temps

Stéphane Aubin

Crédit photo : Gracieuseté Pascal Millette

Malgré l’ampleur de l’œuvre, aucun spectacle ou hommage n’avait véritablement été fait au pianiste et compositeur André Gagnon, mis à part avec l’opéra Nelligan. Une situation à laquelle a remédié le spectacle Les 4 saisons d’André Gagnon, qui reprend la tournée et fait un premier arrêt à l’Étoile Banque nationale de Brossard, le 9 septembre.

Le pianiste Stéphane Aubin avait déjà côtoyé André Gagnon à quelques reprises et avait eu l’occasion de collaborer avec lui. Un jour, il a pris son courage à deux mains et lui a demandé : «Est-ce que je peux faire un hommage à vous?»

«C’était très drôle! Sans tomber dans la flagornerie ou le lichage de bottes, c’était juste parce que j’admirais son œuvre», relate-t-il.

Sous la direction musicale et les arrangements de Stéphane Aubin, le concert réunit sur scène la chanteuse et comédienne Kathleen Fortin, Antoine Bareil au violon, Carla Antoun au violoncelle, Dominic Girard à la contrebasse et Maxime Lalanne aux percussions.

 

Les plus belles saisons de Gagnon

Avec un répertoire qui s’échelonne des années 1960 à aujourd’hui, des choix déchirants se sont imposés pour créer ce concert.

Stéphane Aubin voulait s’assurer de couvrir toutes les périodes du répertoire de Gagnon, d’où la thématique des quatre saisons, symbolisant les saisons d’une vie: le printemps représentant le début d’une carrière; l’été, le milieu de la vie; l’automne, la sagesse et la nostalgie du passé; puis l’hiver, la contemplation.

«Le printemps de sa vie, c’est vraiment le début de sa carrière, ce qu’il a fait avec Monique Leyrac et sa collaboration avec Claude Léveillée, pour qui il a été pianiste accompagnateur, soulève M. Aubin. L’été, c’est sa période flamboyante des année 1970, des pièces comme Wow et Neiges. C’est une période où il était une grande vedette, jusqu’au Japon!»

Les pièces comme l’opéra Nelligan, composé dans les années 1990, correspondent davantage à l’automne.

Le concert accorde aussi une place à des surprises, comme les thèmes d’émissions des années 1980. Stéphane Aubin donne en exemple celui du téléroman Les dames de cœur.

«On l’a réarrangé, un peu jazzy et bossa nova. On lui a donné une touche un peu intemporelle, moins datée de cette époque. Ça sera beaucoup moins synthétiseur! lance-t-il. On a essayé de prendre certaines pièces et de leur donner une touche personnelle, leur donner une nouvelle actualité.»

Le concert accorde également une grande place aux cordes, dont la texture et le son sont très appréciés d’André Gagnon. «C’est un maniaque des cordes!», exprime Stéphane Aubin.

Un spectacle sur André Gagnon, c’est bien sûr la musique instrumentale, mais le chant y est aussi intégré, avec la voix de Kathleen Fortin, que Stéphane Aubin a connue sur le spectacle musical Belles-soeurs, pour lequel il assurait les arrangements musicaux.

«Kathleen est une bonne chanteuse et une bonne comédienne à la fois. Le choix s’est fait pratiquement tout seul, souligne-t-il. Il y a un côté très théâtral à certaines pièces, comme celles sur Nelligan. C’est un monde assez théâtral, alors on se rapproche d’une interprétation comme Monique Leyrac le faisait ou encore Édith Piaf, à une autre époque.»

 

À la frontière de la pop et du classique

Avec cette œuvre «à la frontière entre la musique classique et la musique pop», André Gagnon rejoint beaucoup le travail de Stéphane Aubin, qui rappelle par exemple que tous deux ont été pianistes accompagnateurs à leurs débuts. Stéphane Aubin a entre autres été accompagnateur pour Marie-Josée lord, Marie-Denise Pelletier, Charles Aznavour et Michel Rivard, entre autres.

«Mais je ne veux pas me comparer à lui; il a quand même eu une carrière internationale!» lance-t-il en riant.

«J’ai toujours fait ça [l’accompagnement] dans une optique qui était entre la musique classique et la musique pop. André a fait quelque chose qui est instrumental, qui n’a pas de frontières, ce que j’aime beaucoup. C’est un langage universel», illustre le musicien.

«Ce que j’aime du classique, poursuit-il, c’est une musique très nourrissante, qui a beaucoup de viande. Et la musique pop, il y a le côté spontané; on ne se prend pas au sérieux, ce sont des mélodies accrocheuses. J’aime conjuguer les deux, c’est à la fois exigeant et facile d’écoute.»

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