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Un Laprairien entraîneur d'astronaute

le mercredi 11 mai 2022
Modifié à 11 h 58 min le 11 mai 2022
Par Guillaume Gervais

ggervais@gravitemedia.com

François Lalonde était en communication avec David Saint-Jacques lorsqu’il était à bord de la Station spatiale internationale (ISS). (Photo: Gracieuseté Agence spatiale canadienne, NASA)

L’absence de gravité peut nuire à la condition physique des astronautes si cette dernière est négligée. François Lalonde, de La Prairie, a été embauché pour s’assurer que la santé de l’astronaute David Saint-Jacques ne soit pas compromise lors de sa mission vers la Station spatiale internationale (ISS).

Le kinésiologue a eu la tâche de veiller à la préparation physique de l’astronaute québécois avant, pendant et après sa mission de 204 jours entre 2018 et 2019. Son travail lui a valu le Prix d’excellence de la fonction publique du Canada dans la catégorie contribution exemplaire dans des circonstances extraordinaires, le 17 avril.

En général, les astronautes doivent effectuer des exercices physiques quotidiennement pour réduire la diminution de la masse osseuse, souligne celui qui en a partagé plusieurs à David Saint-Jacques. Ceux de la mission à laquelle il a pris part ont réparti leur temps entre la musculation et l’endurance cardiovasculaire.

David Saint-Jacques dans l'espace lorsqu'il fait du «spinning». (Photo: Gracieuseté Agence spatiale canadienne, NASA)

«L’absence de gravité dans l’espace fait en sorte que les muscles vont perdre de leur force et que la densité osseuse va diminuer, explique-t-il. Notre corps est habitué à se battre contre la gravité lorsqu’on est sur Terre et que nos os sont stimulés.»

François Lalonde ajoute qu’un mois dans l’espace correspond à 10 ans de vieillissement physiologique, ce qui signifie qu’il est primordial que les astronautes soient en bonne forme. Selon l’Agence spatiale canadienne, les «vaisseaux sanguins se raidissent et vieillissent plus rapidement, et les astronautes peuvent développer une résistance à l'insuline dans l’espace». Ces facteurs peuvent donc augmenter les risques de maladies cardiovasculaires.

Celui qui possède un doctorat et un postdoctorat en physiologie de l’exercice est également ostéopathe. Lors de la mission, il a relevé de l’Agence spatiale canadienne à Saint-Hubert et a collaboré avec la National Aeronautics and Space Administration (NASA) lors de ses voyages au siège social de Houston, partage le professionnel.

Exercices

Parmi les exercices exigés, David Saint-Jacques a dû «courir sur un tapis roulant en étant attaché à l’appareil d’entraînement et a effectué des entraînements avec des poids grâce à une machine», décrit François Lalonde. Ces séances ont été approuvées par la NASA.

David Saint-Jacques sur son tapis roulant dans l'espace. (Photo: Gracieuseté Agence spatiale canadienne, NASA)

Puis, il a reçu les données, les a analysées pour déterminer la condition physique de David Saint-Jacques et les a partagées avec l’Agence spatiale américaine. Il a rencontré l’astronaute natif de Saint-Lambert sur une base hebdomadaire.

«L’objectif était aussi de trouver un moyen qu’il demeure fonctionnel tout le long de sa mission», ajoute-t-il.

Par exemple, des astronautes qui feraient un voyage vers Mars d’une durée de deux ans pourraient être déconditionnés physiquement s’ils ne font pas d’activités physiques et cela pourrait entraîner des risques mortels, image-t-il.

«Il était important de refaire sa masse osseuse lorsqu’il est revenu sur Terre.»

-François Lalonde, membre de l’équipe de soutien de la mission spatiale

François Lalonde sur le vélo stationnaire à l'Agence spatiale canadienne. (Photo: Gracieuseté Agence spatiale canadienne, NASA)

Parcours

Le Laprairien a obtenu cet emploi grâce à son travail dans les Forces armées canadiennes. Après son postdoctorat en 2017, il a déniché un poste comme chercheur en performance humaine auprès de l’armée. Il a par la suite postulé à l’interne pour rejoindre le département de la médecine spatiale opérationnelle. Son mandat entamé en 2018 a pris fin en 2021.

Son contrat étant terminé, il est de retour en clinique privée. Il garde l’œil ouvert pour d’autres opportunités, confie-t-il.

Néanmoins, avoir fait partie de cette mission de grande envergure représente beaucoup pour le Laprairien.

«C’est une fierté et une chance unique de faire ça», souligne-t-il.

Espace vs Terre

L’Agence spatiale canadienne soutient que les astronautes peuvent perdre jusqu’à 1,5% de leur masse osseuse chaque mois dans l’espace, comparativement aux personnes de 50 ans et plus qui en perdent 1% sur Terre chaque année.