Un monde au ralenti

Réné Vézina, chroniqueur économique
Un monde au ralenti
(Photo : Le Reflet)

Vous vous rappelez peut-être les membres de la famille Slomeau, ces personnages parmi les plus déjantés de Rock et belles oreilles?  Si ça continue, nous serons, et pour un bon moment, une société complète de Slomeau!

Déjà que le confinement nous oblige à fonctionner au ralenti, des indicateurs tout récents portent à croire que notre économie avancera elle aussi à petits pas au cours des prochains mois.

On a beaucoup commenté l’effondrement des cours du pétrole en cette fin d’avril. Réglons rapidement le cas de ces journées bizarres où le prix de variété américaine, appelée WTI, est même tombé sous zéro.

Il faut y voir une raison technique: le pétrole est vendu par blocs, à l’avance, sous la forme de contrats qui ont une date d’échéance. Il faut alors s’en prévaloir. La plus récente était le 21 avril. Mais que faire avec du pétrole dont personne ne veut et qu’on ne peut ne peut même plus entreposer nulle part, faute de place?

On a donc assisté littéralement à des ventes de feu, alors que les vendeurs étaient même prêts à payer pour s’en débarrasser. De là ces prix dits «négatifs». Ils ont remonté dès le lendemain, mais de peine et de misère.

Ce qui va survenir dans les prochaines semaines sera davantage significatif.

Si les cours restent très bas – et c’est ce qu’on anticipe -, il faudra en déduire que l’activité mondiale va elle aussi demeurer léthargique. L’économie repose sur des échanges. En période de récession, les échanges sont moins nombreux, ce qui réduit la demande en énergie et maintient les prix au plancher.

On vient d’en voir une autre illustration avec la toute dernière publication de l’Indice des prix à la consommation par Statistique Canada.

En mars, sur une base annuelle, le taux d’inflation a glissé sous la barre du 1%. Il se situait à 2,2% en février. On n’avait pas vu un tel écart mensuel depuis 2006.

C’est d’abord la chute des prix du pétrole qui a entraîné ce recul. On payait moins cher à la pompe, mais c’est toute la chaîne de transport qui a aussi vu ses coûts diminuer, sans compter qu’on transporte moins de gens et de marchandises.

C’est là un autre indice de ralentissement. L’inflation monte en période d’activité intense, et le contraire est tout aussi vrai. Il ne serait d’ailleurs pas surprenant que le taux, pour avril, glisse aux alentours de zéro.

Mais ce n’est pas parce que l’économie joue aux Slomeau que nous sommes obligés de faire pareil, même confinés. Allez, remuons-nous!

 

 

 

 

 

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