Opinion

Une aide fédérale bienvenue malgré la pression des taux d’intérêt

mercredi le 20 avril 2022
Modifié à 13 h 01 min le 20 avril 2022
Par René Vézina

redactiongm@gravitemedia.com

René Vézina (Photo : Gracieuseté)

C’est une des mesures centrales du budget fédéral pour les citoyens, mais encore faut-il bien la comprendre.

Au départ, voici l’enjeu. Devenir propriétaire est une illusion pour de nombreux jeunes ménages parce que les prix ne cessent de grimper, alors même que les taux d’intérêt grimpent en parallèle avec l’inflation qui s’envole.

Dans ces circonstances, acheter devient un risque! Et la ministre des Finances Chrystia Freeland dit vouloir intervenir à cet égard. Elle arrive donc avec un nouveau programme – et un nouvel acronyme –, le CELIAAP ou Compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété, une mesure avantageuse qui combine CELI et REER.

Pourquoi avantageuse? Parce qu’on peut y déposer jusqu’à 8 000$ par année, une somme déductible d’impôt, jusqu’à 40 000$. Qui plus est, ce montant peut croître sans être imposé comme un CELI (compte d’épargne libre d’impôt).

Autrement dit, vous placez des sous; ce versement diminue ce que vous devez à payer à l’impôt, et pendant ce temps, ils peuvent faire des petits et vous n’avez pas à payer de l’impôt sur ce possible gain en capital quand vous les retirez. Vous avez 15 ans pour le faire.

Oui, mais encore faut-il disposer de ces sommes, et ce n’est pas évident quand on ne fait que commencer sa vie adulte. L’intention est donc louable, mais dans les faits, cette mesure risque d’être difficilement applicable. Elle risque donc de profiter d’abord aux gens qui ont plus d’argent, alors que ce sont surtout les moins bien nantis qui ont besoin d’un coup de main…

Le budget fédéral propose ici une autre mesure: il double le crédit d’impôt existant pour une résidence achetée à partir du 1er janvier 2022, le faisant passer de 5 000 à 10 000$. Si on applique à ce montant le taux d’imposition le plus bas, 15 % (ce qui est prévu), l’allègement fiscal grimpe donc à 1 500$.

Évidemment, avec les taux d’intérêt qui viennent de bondir, les acheteurs vont payer plus cher pour leur hypothèque, et au bout du compte, les versements plus élevés vont gruger les économies que ces mesures veulent leur procurer. C’est pourquoi il va quand même falloir demeurer prudent et calculer minutieusement, d’autant que toutes sortes de frais s’ajoutent quand on devient propriétaire, à commencer par ces fichus droits de mutation («taxe de bienvenue») qui se montent à des milliers de dollars.

Mais rien n’empêche de rêver, et tant mieux ! Il faut bien s’encourager, d’autant que, comme le disait l’acteur français Omar Sy, les gens qui réussissent sont tous des rêveurs…