Une planteuse à céleri artisanale en cause dans le décès du travailleur agricole à Saint-Isidore

Par Michel Thibault
Une planteuse à céleri artisanale en cause dans le décès du travailleur agricole à Saint-Isidore
(Photo : Le Reflet - Denis Germain)

Le travailleur agricole qui a perdu la vie, mercredi, à la ferme Guinois et frères à Saint-Isidore, a été heurté par la planteuse à céleri qu’il opérait.

La machine en question est de fabrication artisanale, précise Clémence Bordeleau, porte-parole de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST).

L’appareil est opéré en marchant à l’aide de commandes placées devant les roues. «Le travailleur aurait tombé et il n’aurait pas eu le temps de se dégager. Il a été heurté par les roues», indique Mme Bordeleau. L’espace de 50 cm entre les roues et les commandes ne serait pas adéquat. En cas de chute, il est très difficile de se relever à temps, même si la machine avance très lentement. «Les possibilités d’évitement sont presque nulles», fait part Mme Bordeleau.

La CNESST a apposé un scellé sur la machine pour suspendre son utilisation. «L’appareil devra être sécuritaire», souligne la porte-parole de la CNESST.

L’organisme poursuit son enquête pour «bien cerner les causes et faire en sorte que ça ne se reproduise pas». Elle fera état de ses conclusions dans un rapport.

Pas criminel

Le service de police de Châteauguay mène aussi l’enquête. «À ce jour, nous pouvons dire qu’il n’y a rien de criminel», a fait savoir jeudi l’agente Martine Denis.

Sous le choc

La victime est un employé mexicain âgé de 54 ans. «Il travaillait là depuis 20 ans. Tout le monde est sous le choc», souligne Clémence Bordeleau.

Appareils modifiés

Questionnée concernant les exigences de la loi à l’égard de la machinerie artisanale, la porte-parole de la CNESST a référé le journal à l’article 63 de la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Il se lit comme suit : «Nul ne peut fabriquer, fournir, vendre, louer, distribuer ou installer un produit, un procédé, un équipement, un matériel, un contaminant ou une matière dangereuse à moins que ceux-ci ne soient sécuritaires et conformes aux normes prescrites par règlement».

«Selon les premières informations recueillies, un fournisseur aurait effectué des modifications à l’équipement utilisé.
Il reste encore beaucoup d’éléments à colliger afin de comprendre ce qui s’est passé afin d’éviter qu’un tel accident se produise», mentionne Mme Bordeleau.

«Il est important de rappeler que la responsabilité d’identifier et d’éliminer les dangers et de prendre en charge la santé et la sécurité du travail incombe aux principaux acteurs des milieux de travail, a-t-elle rappelé. En effet, au Québec, les lois font en sorte que les employeurs et les travailleurs ont chacun des droits et des obligations en matière de prévention.»

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