VIDÉO – Des futurs préposés formés à Châteauguay

Par Valérie Lessard
VIDÉO – Des futurs préposés formés à Châteauguay
L'enseignant Jean-Luc Trudel explique comment déplacer un patient de façon sécuritaire. (Photo : Valérie Lessard)

Dans la classe de Jean-Luc Trudel, on ne retrouve pas de pupitres classiques. Ce sont plutôt des lits d’hôpitaux, des fauteuils roulants et des lève-personnes qui font office de décor et de matériel.  Ses collègues et lui enseignent cet été le cours accéléré pour devenir préposés aux bénéficiaires à 80 élèves à l’École de formation professionnelle de Châteauguay.

Cette organisation de classe n’est pas nouvelle pour l’établissement de formation professionnelle de Châteauguay puisqu’on y donne déjà la formation régulière d’Assistance à la personne en établissement et à domicile (DEP) qui nécessite du matériel similaire. Ce qui a changé cependant, c’est la durée de l’enseignement. La formation est passée de 870 heures à 375 pour répondre à l’urgence de la pénurie de main-d’œuvre dans le domaine exacerbée ce printemps avec la pandémie de la COVID-19. Le gouvernement du Québec souhaite compter sur 10 000 préposés supplémentaires en vue d’une deuxième vague de la COVID-19 cet automne.

Autant les élèves que les professeurs doivent donc s’adapter à cette formation express.  «On va à l’essentiel de l’essentiel», illustre Yvon Riendeau, enseignant à Châteauguay. «Les élèves nous le disent. Ils veulent plus pratiquer, mais on n’a pas le temps. Eux aussi le ressentent», renchérit son collègue Jean-Luc Trudel. L’enseignant s’est adapté pour offrir des heures de pratique supplémentaires. Les élèves peuvent se pratiquer entre eux, pendant que M. Trudel évalue individuellement ses élèves lors des examens.

Élèves motivés 

M. Riendeau dit avoir été agréablement surpris de la «belle qualité d’élèves» qui se sont inscrits au cours. Plus de 70 000 personnes avaient répondu à l’appel du gouvernement ce printemps et une sélection a dû être faite. Comme plusieurs, l’enseignant avait certaines craintes quant à la motivation réelle des étudiants. Or, ce sont bel et bien des gens qui souhaitent aider et qui savent dans quelle aventure ils s’embarquent. Pour Micheline, une des étudiantes à Châteauguay, il s’agit d’un changement de carrière. Courtière en assurances, la pandémie et le confinement l’ont convaincue de faire le saut dans le domaine de la santé. «J’ai aidé deux de mes tantes en fin de vie dans le passé et je trouvais ça triste de ne pas pouvoir le faire à temps plein. Sauf que je ne pouvais pas me permettre un cours d’un an, car je suis toute seule pour subvenir à mes besoins», explique-t-elle. La formation accélérée lui permet de réaliser son rêve.

Plusieurs élèves rencontrés ont confié avoir le désir d’aider l’autre.  «J’ai toujours voulu aider. Ma grand-mère était infirmière. Maintenant qu’elle est décédée, je veux poursuivre son héritage. La majorité des gens dans ma famille sont dans le domaine de la santé», explique Gabriel Payne.

Pas juste les CHSLD

En plus d’enseigner en formation professionnelle, Yvon Riendeau est également chargé de cours à l’UQAM en gérontologie sociale. Il dit comprendre la démarche de rattrapage du gouvernement du Québec en CHSLD. Il considère c’est une bonne façon de recruter une main-d’œuvre rapidement. Or, il est d’avis que cette formation écourtée doit être temporaire. Actuellement, le nouveau programme forme uniquement des gens qui travailleront en établissement de santé.

«Le hic c’est que ces gens seront confinés en CHSLD. Ils n’ont pas accès au milieu hospitalier, au CLSC ou à domicile ce que le DEP(diplôme d’études professionnelles de 870 heures) donne», explique-t-il.

La pénurie de main-d’œuvre chez les préposés n’est pas unique aux CHSLD. Elle se fait aussi sentir dans les CLSC, souligne M. Riendeau. Pour lui, la pandémie aura eu cet effet «positif» de montrer au grand jour le problème criant d’employés dans le domaine.

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2 mois

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