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VIDÉO - La maison verte d’un Sainte-Catherinois dérange

mercredi le 07 juillet 2021
Modifié à 9 h 40 min le 15 juillet 2021
Par Vicky Girard

Yves-Raymond Gareau est un artiste avide de couleurs vives, ce qui a notamment inspiré le choix de couleur pour sa maison. (Photo: Le Reflet - Vicky Girard)

La maison vert lime d’Yves-Raymond Gareau située rue Marc-Aurèle Fortin à Sainte-Catherine attire l’attention. Néanmoins, le citoyen qui est en son droit, dénonce que ses voisins immédiats lui fassent la vie dure, alors qu’il dit avoir peint sa résidence ainsi pour semer la joie.

«Je voulais avoir une maison colorée qui met de la vie dans le quartier», dit M. Gareau.  

Déménagé à Sainte-Catherine en 2005, M. Gareau a repeint la maison autrefois blanche et vert forêt en 2015. 

«J’ai choisi une couleur qui était à la mode à ce moment-là», explique-t-il ajoutant que le vert lime lui plaît toujours. 

Il indique qu’il s’était informé auprès du service de l’urbanisme de la Ville.

«On m’a dit que je pouvais peinturer de la couleur que je voulais. Je pouvais même faire des dessins sur ma maison», précise M. Gareau. 

La Ville de Sainte-Catherine confirme. 

«Il n’y a pas de normes qui prescrivent ou proscrivent certaines couleurs dans le règlement, fait savoir Amélie Hudon, directrice des communications à la Municipalité. Donc, en général, la peinture des maisons n’est pas assujettie à l’obligation d’obtenir un permis. Le choix de couleur ne nécessite donc pas une autorisation de la Ville.»

Toutefois, dans certaines zones, la Ville possède une règlementation sur le Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA), qui peut prévoir des limitations. 

Si des plaintes sont reçues, la Municipalité peut intervenir seulement si le propriétaire est en infraction en vertu d’un PIIA, ajoute Mme Hudon.

Stress 

Bien que certains n’apprécient pas le choix de M. Gareau, plusieurs semblent aimer voir la maison lorsqu’ils l’aperçoivent au passage.

«Quand le monde passe dans la rue, je les vois arrêter et ils me disent que c’est beau», partage M. Gareau. 
Le Sainte-Catherinois se passionne pour le jardinage, ce qu’on peut constater à sa devanture bien garnie par des arbres, plantes et fleurs. Il se fait un devoir de bien entretenir sa maison et son terrain, fait-il savoir. 

M. Gareau est un artiste autodidacte qui peint à l’huile, à l’aquarelle et sur du verre. Ses œuvres sont elles aussi composées de couleurs vives.

Présentement, l’homme confie que le stress causé par la situation qu’il décrit comme du harcèlement l’empêche de créer. 

Il croit également que du vandalisme est fait dans sa cour. Il affirme avoir avisé la police, mais n’avait pas de preuves suffisantes pour qu’un suivi soit effectué.  

Néanmoins, il est catégorique: il ne repeindra pas sa maison et ne pense pas non plus à déménager. 

Inspiration 

M. Gareau ne connaît pas d’autres maisons sur le territoire qui ressemblent à la sienne. Il sait toutefois qu’à Beauharnois, il y en a une de la même couleur. Gravité Média l’a d’ailleurs photographiée sur la rue Trudeau.


L’homme a vécu dans les Cantons de l’Est et exprime y avoir puisé de l’inspiration.

«Là-bas, il y en a beaucoup des résidences colorées comme cela. C’est tellement charmant. C’est quelque chose qui me manquait», témoigne-t-il. 

Règlements ailleurs 

Dans d’autres villes, les règlements sont sensiblement similaires. 

À Saint-Philippe, «le règlement de zonage régit les différents types de matériaux de revêtement extérieur autorisés sur le territoire, sans faire mention de leurs couleurs ou de leurs teintes», informe Marilou Robert, directrice des communications. Tout comme à Sainte-Catherine néanmoins, un PIIA s’applique dans certaines zones. Les grandes artères, secteurs avec un cachet particulier, noyaux villageois, par exemple, «nécessitent un plus grand contrôle de l’apparence et de l’intégration des constructions et des aménagements extérieurs». 

Même son de cloche à Saint-Constant. 

«Le règlement de zonage ne possède pas de normes applicables concernant la couleur des habitations», affirme le Service des communications, à moins que le PIIA soit applicable.

La Prairie applique la même formule. 

«La couleur est contrôlée uniquement dans les secteurs assujettis à la procédure de traitement des PIIA. Ailleurs sur le territoire, il n’y a pas de contrôle de la couleur des maisons», dit Dominique Beaumont, directrice des communications.

À Candiac, le règlement relatif au PIIA stipule qu’un permis de construction est requis «pour la modification extérieure d’un bâtiment principal existant (excluant les travaux d’entretien, peinture, remplacement des fenêtres ou du revêtement de toiture». 

La Ville ne pourrait donc pas intervenir en cas de plainte en délivrant une infraction ou en exigeant qu’une maison soit repeinte. Jacinthe Lauzon, directrice des communications à Candiac, mentionne tout de même que «le personnel de la division Urbanisme, services aux citoyens et aux entreprises travaille activement pour accompagner les citoyens dans la tenue de divers travaux et ainsi assurer une harmonisation des habitations».  

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