Vivre avec un enfant ayant un haut potentiel intellectuel

Vivre avec un enfant ayant un haut potentiel intellectuel

Marc-Aurel Bernard en compagnie de sa mère, Caroline Barrière.

Crédit photo : Le Reflet - Denis Germain

Marc-Aurel Bernard a le regard pétillant. Ce dernier ne se voit pas différemment des autres jeunes de son âge. À 12 ans, il fréquente l’école, il aime les jeux vidéo et les voitures. Pourtant, lorsqu’il a fait son entrée à la maternelle, il savait déjà lire et écrire. Il fait partie des enfants qui ont reçu un diagnostic de douance.

«Il disait que c’était sa grande sœur qui lui avait montré lorsque tous les deux jouaient à l’école. Il arrivait avec un livre, il s’installait et le lisait. J’étais surprise, mais en même temps, je me disais que c’était normal», raconte sa mère Caroline Barrière, résidente à Saint-Mathieu.

Si le passage à la maternelle se déroule bien, il en est autrement l’année suivante. Son enseignante de 1re année à Jacques-Barclay remarque que Marc-Aurel Bernard présente des troubles de l’attention. Un constat que sa mère avait également noté.

«Tout ce que l’école voit dans Marc-Aurel, c’est un enfant en opposition, qui se révolte, et non pas qui est doué. Et quand tu arrives à l’école, tu as l’air d’être la mère qui veut protéger son petit fils prodige.»

– Caroline Barrière, mère de Marc-Aurel

«À l’école, il était distrait, tout comme à la maison. Comme la plupart des doués, Marc-Aurel n’est pas attentif parce qu’il a des idées en arborescence qui partent dans 12 millions de directions. Alors que tu lui parles d’un point précis, lui, il est déjà rendu ailleurs», poursuit la mère de trois enfants.

Après une évaluation et des tests par une psychologue, le verdict confirme que l’enfant possède un haut potentiel intellectuel.

 

Manque de ressources

«À partir de là, tout va mal, car on n’a pas traité la douance. On a traité ses à-côtés», dénonce Caroline Barrière.

Elle soutient que les services gouvernementaux, tant à l’école qu’à l’extérieur, ne disposent pas des moyens nécessaires pour encadrer les enfants ayant une douance et épauler leurs parents.

«Les écoles ne sont pas équipées pour ce genre d’élèves», affirme-t-elle.

Caroline Barrière indique qu’elle a pu compter sur l’organisme Haut potentiel Québec (HPQ). Fondé en 2012, le HPQ regroupe des familles de jeunes doués, ainsi que des professionnels travaillant en douance tels que des neuropsychologues, des psychologues, des enseignants, des orthopédagogues et psychoéducateurs.

«J’ai découvert cet organisme il y a deux ans grâce à une collègue de travail. C’est là que la lumière s’est faite. On m’a donné des références. J’ai pu consulter au privé une psychoéducatrice. Je voulais qu’elle explique à Marc-Aurel c’est quoi d’être un enfant surdoué afin de lui enlever un poids sur les épaules», souligne Caroline Barrière.

En janvier, une rencontre entre le HPQ et l’école primaire des Moussaillons-et-de-la-Traversée à Saint-Philippe que fréquente le fils de Mme Barrière a eu lieu. Le but était de sensibiliser les enseignants à la réalité de la douance.

 

Ne pas répéter

Prenant la parole, Marc-Aurel Bernard indique que sa principale force en classe est sa mémoire.

«Une fois qu’on m’explique, je comprends et je veux passer à une autre étape. L’école est encore lente. Admettons qu’on apprenne les multiplications, on n’a pas besoin de me le dire 50 fois pour que je le retienne. Une fois, c’est assez. Ça va rentrer. J’ai une bonne mémoire, pas besoin de répéter», déclare-t-il.

Il ajoute que ses matières préférées sont l’histoire et les mathématiques.

«Il regarde sur Internet tout ce qui concerne la Première Guerre mondiale», intervient sa mère.

Il éprouve plus de difficulté en français et en éthique et culture religieuse.

Pour son entrée au secondaire, il fréquentera l’école Fernand-Seguin à Candiac dans le profil Enrichi 2.0 et souhaite plus tard se diriger en ingénierie automobile.

 

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