5 questions à une exploratrice du milieu sous-marin

5 questions à une exploratrice du milieu sous-marin

Nathalie Lasselin a exploré les eaux du Saint-Laurent à la hauteur de Montréal.

Crédit photo : Gracieuseté – Mjee De Carufel

La plongeuse sous-marine et cinéaste, Nathalie Lasselin, a parcouru en plusieurs plongées successives de 30 heures sur une durée totale de 40 heures quelque 70 km dans les eaux du Saint-Laurent, le long des rives de Montréal, en 2018. Elle présente une conférence le 7 février au Pavillon de la biodiversité à Saint-Constant. Au moment de publier, des places étaient disponibles. Les résidants de Saint-Constant doivent s’inscrire en ligne et ceux de l’extérieur doivent composer le 450 638-2010, poste 7200. Le coût est de 3$. On peut visiter la page Facebook de l’exploratrice pour en savoir davantage.

 

1. Qu’est-ce qui a été le plus difficile à relever dans votre défi ?

«Pour la traversée de l’île de Montréal, ce fut les conséquences d’un été très chaud sur le fleuve. Les plantes aquatiques ont fait obstacle à ma progression lors de la plongée. De plus, le trafic maritime a été particulièrement intense en cette dernière belle fin de semaine de l’été 2018. En même temps, ce fut un apprentissage très enrichissant.»

 

2. Avez-vous fait des découvertes qui vous ont étonné dans le fleuve ?

«Ma première rencontre avec les rapides de Lachine est ma plongée la plus mémorable à vie! Le courant, sa force, ses changements de direction sont indescriptibles et imprévisibles. Ce fut un moment où je devais me laisser emporter par le flot sans résistance, en espérant ne pas être retenue par un débris ou quoi que ce soit.»

 

3. Est-ce qu’il y a des zones plus préoccupantes que d’autres ?

«La portion à l’Est de Montréal – plus précisément à l’Est du tunnel de l’autoroute 25 – est plus préoccupante. C’est là, que se retrouvent les rejets des eaux usées de la Rive-Sud et de Montréal. Même si on croise des poissons, il existe des espèces qui subissent déjà les effets des contaminants émergents, présents dans les eaux usées. Ces contaminants, pour le moment, ne sont pas encore traités.»

 

Nathalie Lasselin (Photo gracieuseté)

 

 

4. À l’inverse, est-ce que certaines zones du fleuve ont su être préservées malgré les activités humaines ?

«Il y a énormément de groupes qui agissent pour la protection des berges et du fleuve. J’ai pu collaborer avec certains en organisant des nettoyages sous-marins. En mettant nos efforts ensemble, nous pourrons compenser notre impact négatif. Je suis réaliste et nous avons besoin du fleuve autant pour l’eau potable que le transport maritime. Des solutions existent pour améliorer l’harmonie de nos utilisations et il y a vraiment un mouvement dans ce sens.»

 

5. Selon vous, quel moyen d’action devrait être mis en application rapidement pour protéger le fleuve ?

«Tout ce que nous pouvons faire pour minimiser l’utilisation des produits toxiques sera déjà un énorme pas. Juste le fait de ne rien jeter dans les toilettes qui ne doit pas l’être comme les médicaments, la soie dentaire, etc. Il faut éviter aussi les produits qui contiennent des contaminants émergents, des parabens (des agents conservateurs utilisés notamment dans les produits cosmétiques), des pesticides, des herbicides. La nature est généreuse et nous offre ce dont nous avons besoin pour être heureux dans la plupart des cas. Il faut faire attention à notre santé et notre propre milieu de vie.»

 

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