Billet d’humeur : La parenté est arrivée

Par Hélène Gingras
Billet d’humeur : La parenté est arrivée
Tarte maison (Photo : Depositphotos)

Quel genre de célébrations aviez-vous pendant votre jeunesse?

Je nous revois chez ma grand-mère. Dans son 4 1/2 sur la 5e avenue à LaSalle. Toute la famille réunie au jour de l’An. Oncles et tantes. Cousins et cousines. De l’ambiance dans tous les recoins de l’appartement. Tant nous étions joyeux. Heureux de se retrouver tous ensemble. Cacophoniques. Réunis par le lien de ma grand-mère.

Chaque année le 1er janvier, ma grand-mère nous recevait à manger pour débuter l’année. Ses quatre enfants et leur famille immédiate. Au menu pour simplifier les choses, du poulet de chez Benny. Avec les caractéristiques frites frisées. Acheté au comptoir de la rôtisserie à Verdun.

Comme son appartement n’était pas suffisamment grand, ma grand-mère faisait deux tablées. Une pour le dîner. Qui réunissait deux de ses enfants et leur famille. Les deux autres, elles, étaient conviées pour le souper.

Pendant l’après-midi midi, tout le monde se croisait. Échangeait ses bons vœux. Se taquinait. Les adultes, réunis dans le salon, dégustaient un digestif quelconque pour ceux qui sortaient de table. Le meuble de bar, avec l’alcool et les verres, s’y trouvait. Moi, souvent, je jouais aux billes dans le passage avec mes cousins. En en perdant de vue sous la fournaise.

Invariablement, la même question ressurgissait entre nos quatre familles. Restait-t-il de sa fameuse tarte au sucre pour ceux du souper? Celle que tout le monde s’arrachait. Celle dont j’ai le privilège d’avoir la recette. Encore aujourd’hui. Que je ressors trop peu souvent. En plus, d’avoir aussi assisté ma grand-mère aux fourneaux pour sa préparation.

Nous étions aussi réunis à Noël. La même gang. Chez mes parents cette fois. Toujours aussi bruyants. Indisciplinés. À la différence qu’on soupait tous ensemble le 25 décembre. Minimalement 20 personnes. Parfois plus de 30. Il fallait aménager la maison pour recevoir tout ce beau monde.

«L’homme est de nature sociable; la nature l’a fait pour vivre avec ses semblables.»

– Aristote

Pourquoi je vous en parle aujourd’hui? Seulement parce que ce temps est révolu? Parce qu’il y a belle lurette que nos fêtes familiales n’impliquent que mes parents. Mes sœurs. Leurs conjoints respectifs et ma nièce.

Non, je vous en parle parce que ça m’attriste qu’on ne puisse plus vivre de pareils rassemblements. Et que même les réjouissances de moins de 10 personnes m’apparaissent aujourd’hui appartenir au passé. Difficile d’entrevoir ce que l’avenir nous réserve.

 

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