Billet d’humeur : Le vrai courage

Par Hélène Gingras
Billet d’humeur : Le vrai courage
Un homme met sans main dans la gueule d'un crocodile. (Photo : Depositphotos)

Qu’est-ce que le courage? 

Je trouve que ce mot est galvaudé de nos jours. Employé à beaucoup trop de sauces. Si bien qu’il a perdu de son sens. Trop souvent. 

L’autre jour, je racontais à quelqu’un que je me suis lancée dans le vide, l’hiver passé. Dans le cadre d’une aventure extrême en voyage. Attachée par un élastique à la taille, j’ai sauté dans un canyon. J’en ai eu le souffle coupé pendant une fraction de seconde. De frayeur, mais surtout de surprise.  

La personne m’a dit qu’elle me trouvait courageuse. J’ai aussitôt répliqué que non. Parce que j’en avais envie. Que ça relevait plus de la témérité. De son point de vue, sauter aurait sans doute été courageux. Parce que c’est la dernière chose qu’elle souhaite faire un jour. Qu’il lui faudrait aller à l’encontre de tout son être.  

Le Multidictionnaire définit notamment le courage comme étant de la «bravoure et une force de caractère pour vaincre des difficultés».  

Pour moi, les personnes qui posent des gestes de courage sont bien sûr ceux qui entrent dans un édifice en flammes pour sauver des gens ou des animaux qui s’y trouvent. Qui extirpent une personne d’une voiture dont le moteur explose. Qui défient quelqu’un armé alors qu’ils sont sans défense. Alors que toute logique voudrait qu’ils prennent leurs jambes à leur cou et courent dans la direction inverse. Ils ne font pas demi-tour et foncent première. En dépit des conséquences possibles.

«Il est curieux que le courage physique soit si répandu en ce monde et le courage moral si rare.» 

Mark Twain  

Au quotidien, il est aussi possible d’être courageux. Quand on ose dire tout haut qu’on n’est pas d’accord avec les autres. En assumant les conséquences. Quand on accepte une opération au cerveau parce que le cancer nous ronge. Et même quand on la refuse parce qu’on n’arrive plus à envisager comment s’en remettre une énième fois. En dépit, de notre espérance de vie qui sera directement touchée. Quand on dénonce un agresseur sexuel. Et qu’on doit changer de vie et de travail. Et qu’on se met à dos notre entourage et notre famille. Quand on continue à vivre comme si de rien n’était, alors qu’on traverse la plus mauvaise passe de sa vie. Quand on formule une vérité qui ne sera pas sans conséquence. 

Le courage a autant de formes qu’il existe d’épreuves qui demandent de rassembler toute son énergie et sa détermination.  

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