Billet d’humeur : les vagues de la mer

Par Hélène Gingras
Billet d’humeur : les vagues de la mer
Océan (Photo : Depositphotos)

Comment vous sentez-vous en ce moment?

Il y a trois semaines que je n’ai pas mis les pieds dans une épicerie. Ni dans une pharmacie. Certains jours, je ne mets même pas le nez dehors.

L’autre matin, l’image qui m’est venue pour expliquer ma réalité est celle d’un plongeur qui retient son souffle à la vue d’une grosse vague. J’ai appris avec les voyages qu’il ne sert à rien de se braquer contre une mer déchaînée. On risque de se faire renverser. D’être blessé.

Le mieux est de prendre une respiration. Et de plonger la tête sous l’eau. Sous la vague, on sent à peine ses remous. C’est comme se cacher dans un abri sous terre pendant une tempête. Un fois tapi, il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre.

C’est comme ça que je me sens dernièrement. Comme quelqu’un qui attend que la mer se calme. Une mer qui déferle sur les rivages de tous les pays du monde. À divers degrés. Tel un tsunami par endroits. Au point où les morts se comptent par milliers.

À contrario, tout le monde n’a pas ce luxe d’attendre. Pour certaines personnes, le temps demeure compté. La vie ne peut être suspendue.

On m’a approché il y a quelques jours pour que je serve d’intermédiaire à quelqu’un qui veut faire un ultime cadeau à un de ses anciens employés. Ce dernier a fêté ses 28 ans vendredi. Une semaine après avoir appris que ses traitements contre le cancer depuis près de deux ans ne donnent plus de résultats. Le diagnostic est tombé. La vie se compte en jours pour lui. Peut-être en semaines ou en mois s’il est chanceux.

Et c’est avec les jambes pliées davantage par l’annonce des médecins à son endroit que son intention de se mettre à genoux qu’il a tout de suite demandé sa copine en mariage. En pleurant. J’ai vu la vidéo. Et je ne m’en remets pas.

«Chaque fois qu’un homme défend un idéal ou une action pour améliorer le sort des autres ou s’élever contre une injustice, il envoie dès lors une petite vague d’espoir.»

-Robert Fitzgerald Kennedy

L’ultime cadeau de son ancien patron serait de lui permettre d’échanger au téléphone quelques instants avec Carey Price. Avant de mourir. Son IDOLE de toujours. J’ai tendu deux perches à des contacts. Sans résultat jusqu’à maintenant. Je retiens mon souffle pour une importante raison cette fois. Pour lui. Parce que son temps est compté.

 

 

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