Billet d’humeur : Ma première fois

Par Hélène Gingras
Billet d’humeur : Ma première fois
Le port de mon premier masque. (Photo : Le Reflet - Hélène Gingras)

Avez-vous déjà porté un masque?

C’était une première pour moi mercredi. À part pour me déguiser! J’en ai mis un dans le cadre de mon travail. De ceux en papier. Afin de visiter la zone chaude qui a été aménagée au CHSLD Champlain-Jean-Louis-Lapierre à Saint-Constant. Au cas où il y aurait des cas de COVID-19 un jour à cet endroit. Quoi que tout le monde se croise les doigts pour que ça n’arrive jamais.

L’opérateur-coordonnateur de l’endroit, Kamel Sadedine, a été d’une collaboration exemplaire. De celle qu’on souhaite en ce moment pour bien faire notre travail. Pour vous informer adéquatement de ce qui se passe en ce moment.

Je ne vous en ai pas parlé beaucoup, mais on travaille dans des conditions plus difficiles qu’à l’habitude depuis le début de la crise. Avec parfois de la difficulté à avoir de l’information vérifiable ou vérifiée. À obtenir des retours d’appels. Ou dans des délais de quelques jours plutôt que de semaines.

On a aussi souvent du mal à entrer en contact avec ceux qui sont sur le terrain. Pour leur donner la parole. Parce que même si la ministre de la Santé, qui est aussi la députée de la circonscription de Sanguinet, Danielle McCann, affirme que l’omerta n’a pas lieu d’exister, les employés ont la directive de ne pas nous parler. Sinon, certains ont peur des représailles.

Vous comprendrez alors d’autant plus ma joie quand M. Sadedine m’a invitée à entrer dans les murs du CHSLD de Saint-Constant. Afin de témoigner de leurs efforts dans la lutte. À condition que je respecte les règles d’hygiène en vigueur.

À ma sortie, je portais toujours mon masque. La glace était cassée. J’avais une course à faire dans un commerce qui offre des services essentiels. Je l’ai gardé. Je n’étais pas gênée. Je n’avais pas honte non plus. Ça n’avait rien à voir avec la première fois où j’ai porté une orthèse sportive après une opération au genou. Je le voyais – à tort – comme l’affirmation d’une faiblesse. D’un handicap.

«Une tradition commence la première fois.»

-Proverbe arabe

Je sens bien que le masque deviendra la norme. Jusqu’à ce qu’on trouve un vaccin à ce foutu virus. On s’y habitue. J’avoue cependant que je ne portais pas le fameux masque N95 qui écrase le visage et rend la respiration difficile, mais il faut savoir être de son temps. Et accepter la réalité.

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