Billet d’humeur : Marche sans empereur

Billet d’humeur : Marche sans empereur

Un marcheur sur le boulevard Marie-Victorin à Sainte-Catherine

Vous arrive-t-il de repenser à vous plus jeune?

Samedi, je suis allée prendre une longue, longue marche. Le prétexte, je voulais m’acheter un roman qui vient de paraître. J’ai marché jusqu’à la Librairie Boyer à Saint-Constant. Une belle découverte, en passant. Il y a trop longtemps qu’on a eu une librairie digne de ce nom dans la région.

Il faisait froid. Mais bien habillée et grâce au soleil, j’étais confortable. Je suis rentrée avec les jambes un peu molles. Mais ravie d’avoir bougé. De m’être pointée le nez dehors malgré la température mordante. Avant de rentrer, j’en ai même profité pour pelleter le balcon. Voulant prolonger le moment dehors. Et faire encore un brin d’exercice.

Sur le chemin du retour, j’envisageais déjà de la façon dont j’allais meubler la fin de mon après-midi. Puis de ma soirée. J’allais m’asseoir sur le divan. Finir de lire La Presse sur mon iPad. Faire un peu de recherche pour un voyage à venir. Un verre à la main. Et en mangeant quelques chips. Pour ne pas gâcher mon souper. J’avais aussi prévu regarder un film ou peut-être les Canadiens à la télé. Rien de plus.

Dès l’instant où elle s’inscrit dans la durée, la marche sécrète une sorte d’euphorie.»

-Jean-Claude Bourlès dans Le grand chemin de Compostelle

Mon plan de match me comblait à l’avance. Rien d’autre à faire ou presque. Que de faire la farniente. Un luxe cher.

Pendant que je pensais à tout ça, j’ai eu un flash de la Hélène que j’ai été dans l’enfance. Elle aurait sans doute chiâlé à l’idée de ne rien faire de plus de sa soirée. À la pensée qu’elle n’irait pas jouer ou faire la fête chez quelqu’un. De ne pas se coucher le ventre assez plein. Sans parler qu’elle aurait rouspété pendant toute la marche. Comme quoi c’est plate. C’est loin. C’est long. Qu’elle a envie. Soif. Faim.

Pourtant, la jeune Hélène pouvait passer la journée à vélo pour le plaisir. Jouer deux parties de soccer le même jour. Jouer à la cachette ou à kick la canne jusqu’à ce qu’il fasse noir…

Sa réaction ne m’aurait pas surprise. Je n’ai jamais connu d’enfant qui aime marcher. C’est un plaisir qu’on découvre sur le tard. Quand on a envie de prendre son temps. De ralentir le rythme. De s’activer avec plus de douceur. Et aussi parce qu’on s’en contente.

 

 

 

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