Billet d’humeur : Parlons-en

Par Hélène Gingras
Billet d’humeur : Parlons-en
(Photo : Depositphotos)

Avez-vous le courage de parler tout haut de votre détresse?

Ma chère Annie, j’ai lu ton post sur Facebook avec beaucoup d’intérêt. Celui publié dans le cadre de la journée Bell cause pour la cause. Et j’ai envie, ici, de saluer ton courage.

À la suite d’un événement particulier ton cerveau a déraillé. Avec lucidité et franchise, tu racontes comment des pensées négatives occupaient tout ton esprit. Je te cite ici:

«La culpabilité, l’incompréhension, le désespoir, c’est ce qui habillaient mes journées, du matin au soir. Pourtant, je me levais, j’allais travailler. Sauf quelques exceptions, mes collègues de l’époque n’ont rien vu. Annie arrivait à l’heure, comme habituellement, souriait, riait, bavardait. Bref, je n’avais aucunement le visage de la dépression.»

Le soir, seule dans ton appartement, tu faisais des crises d’anxiété «d’une puissance incontrôlable».

«À ce moment, et jamais je ne pourrais assez la remercier, ma sœur Nancy et son chum étaient là pour moi. Ils m’ont ouvert la porte de leur appartement, plusieurs soirs… Ma sœur venait même avec moi au Zumba, ce qu’elle détestait, mais juste pour ne pas me laisser seule. Je ne pourrais même pas dire combien de soirées j’ai passé à leurs côtés. Ils ont été ma bouée.»

Je ne te connaissais pas à l’époque. Mais je me suis reconnue dans tes propos. Pour avoir vécu une situation similaire à peu près en même temps que toi. Puis, pour avoir à mon tour, à une autre époque, été «la bouée» d’un proche et d’une amie. Qui ont aussi vécu une bien mauvaise passe.

«Soyez révolté, méchant si vous le désirez, criez, pleurez, mais ne vous cachez pas au fond de votre détresse comme les fous se cachent dans leur folie.»

-Marie-Claire Blais

Ça prend du courage pour avouer publiquement que tu as vu un psychiatre. Et une psychologue sur une période d’un an. Que tu as pris des médicaments. On préfère généralement montrer les photos de soi tout souriant sur Facebook…

Pourtant, on dit qu’un Canadien sur cinq sera personnellement touché par la maladie mentale au cours de sa vie.

«Si vous souffrez aujourd’hui, n’ayez pas peur d’aller chercher de l’aide… de vos proches, de professionnels de la santé… il n’y a aucune honte à avoir! Nous devons montrer aux jeunes d’aujourd’hui et de demain, que non, tu n’es pas faible, car tu ne «feeles» pas bien… Nous devons prendre soin de nous, autant physiquement que mentalement!»

Respect chère coureuse.

 

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des