Boeing 737-200 à Saint-Hubert: des citoyens expriment leurs inquiétudes à la Ville

Par Ali Dostie
Boeing 737-200 à Saint-Hubert: des citoyens expriment leurs inquiétudes à la Ville
(Photo : Le Courrier du Sud - Ali Dostie)

Plusieurs dizaines de citoyens inquiets et mécontents de l’arrivée de vols de Boeing 737-200 à l’aéroport de Saint-Hubert, dont certains s’effectueront la nuit, se sont fait entendre à la séance du conseil municipal du 19 mars. Au cœur du débat reviennent le pouvoir d’intervention de la Ville dans les activités de l’aéroport et la gouvernance de Développement Aéroport Saint-Hubert de Longueuil (DASH-L).
Plusieurs citoyens craignent l’impact des vols de nuit sur leur qualité de vie et auraient souhaité être consulté avant que le contrat entre Chrono Aviation et la compagnie minière Baffinland Iron Mines ne soit signé et autorisé par DASH-L. Dès le 1er avril, cinq vols par semaine seront effectués par ce gros appareil.
«Que vont faire des Boeing qui vont décoller la nuit? Ça va réveiller 75 000 personnes, a signifié la citoyenne Chantale Nicole. [Le président de DASH-L] Charles Vaillancourt disait à la radio qu’il ne fallait pas s’inquiéter, parce que des Boeing 737, ça décolle vite. Mais ça ne les empêchera pas de réveiller tout le quartier! Et il ne nous reste pas beaucoup de temps pour se rendormir. À 4h05, on se fait réveiller par l’avion du courrier.»
Pour sa part, Jacinthe Gravel a demandé ce que la Ville pouvait faire pour régler le «problème du climat sonore». Augmentation du nombre de posés-décollés par les écoles de pilotage, vols d’hélicoptères et réchauffements des moteurs le soir et la nuit sont sur la liste des nuisances, a-t-elle soulevé.
Elle estime que le problème a aussi été déplacé à la piste 24D et rapporte que les résidents du secteur boisé du Tremblay, du côté de l’arr. du Vieux-Longueuil, subissent de plus en plus les problèmes de bruit.
«J’ai fait une trentaine de plaintes auprès de DASH-L au cours des dernières années et je n’ai aucune réponse, aucun accusé réception.»
Le pouvoir de la Ville
La porte-parole du Comité anti-pollution avions Longueuil (CAPA-L) Johanne Domingue a dressé un historique des batailles menées par les résidents pour réduire le bruit, surtout produit par les avions des écoles de pilotage et de ce qui a mené à la municipalisation de l’aéroport en 2016.
En décembre dernier, DASH-L a modifié ses règles de gouvernance de sorte que les représentants de Longueuil ne soient plus majoritaires au sein du conseil d’administration. Une manœuvre afin de calmer les inquiétudes d’entreprises intéressées à investir à l’aéroport, avait-on fait valoir.
«Après plus de dix ans d’efforts, il est où le pouvoir de gestion d’influence sur les activités de l’aéroport?» a questionné Mme Domingue.
«Concernant l’autorisation de DASH-L d’autoriser des vols de nuit sans couvre-feu, sans évaluation de climat sonore, sans connaître l’impact environnemental, sans consultation publique, sans mention au comité du climat sonore, est-ce acceptable que la Ville appuie cette décision et n’accorde aucune importance au bien-être des citoyens?» a-t-elle ajouté.
Mme Domingue a rappelé que le comité consultatif sur le climat sonore n’a aucunement été avisé du nouveau contrat. Ce dernier, issu d’une exigence de l’entente hors cour conclue notamment entre les principaux acteurs du dossier, n’a d’ailleurs tenu qu’une rencontre à l’automne dernier.
Le vice-président de Chrono Aviation Dany Gagnon est aussi intervenu au micro, demandant que l’entreprises soit invitée à une rencontre qui permettrait de faire la lumière sur la situation. Il déplore que de fausses informations aient circulé au sujet des Boeing 737-200 et de leur arrivée à l’aéroport de Saint-Hubert.
Depuis janvier, 25 décollages de cet appareil ont été effectués, et ce, même la nuit. L’entreprise n’a jusqu’ici reçu aucune plainte.
Le comité consultatif doit siéger
La mairesse Sylvie Parent a salué la demande des citoyens, mais soulevé que la «place idéale» pour ces discussions était auprès de DASH-L.
La conseillère municipale Nathalie Boisclair, qui siège au C.A. de DASH-L, a dit comprendre les préoccupations des citoyens. «Je vous comprends d’être un peu aversif de voir arriver de nouvelles activités», a-t-elle avancé, rappelant toutefois que toutes les démarches et le mécontentement exprimé dans le passé étaient liés aux écoles de pilotage.
Mme Boisclair dit elle aussi espérer que le comité sur le climat sonore puisse reprendre le travail afin que les citoyens soient rassurés et informés. Quatre rencontres doivent avoir lieu en 2019.
La conseillère a toutefois précisé que les démarches juridiques actuelles entreprises par le CAPA-L ont miné le climat de travail et empêché le comité d’être fonctionnel.
«On doit s’assurer que les membres auront toute la possibilité de discuter franchement des préoccupations des citoyens et des activités de l’aéroport.»
Une «grande perte»
Le chef de l’opposition Xavier Léger a dit saisir l’exaspération des citoyens, tout en se positionnant en faveur du développement de la zone aéroportuaire.
Il s’est aussi dit désolé du changement des règles de gouvernance, de sorte que Longueuil n’est plus majoritaire au C.A. de DASH-L.
«La Ville s’est vu retirer le pouvoir de nommer ses administrateurs; je crois que c’est une grande perte, a-t-il dénoncé, sous les applaudissements nourris des citoyens. Nous sommes en faveur d’un développement de l’aéroport, mais avec le souci des citoyens. On souhaite que le comité consultatif sur leclimat sonore fasse le travail pour lequel il a été créé. […] Je souhaite que le président du C.A. de DASH-L ait écouté les doléances des citoyens et qu’il prenne action pour qu’il y ait plus de transparence.»
Mme Boisclair a répliqué que la constitution du CA.. n’a pas encore été modifiée et que les membres nommés par le conseil municipal, et proposés par l’opposition, siègent toujours au C.A.
Ce à quoi M. Léger a répondu que Daniel Paquet, un usager, avait démissionné et que des opérateurs avaient été mis à la porte.
Sylvain Lambert, directeur général du cégep Édouard-Montpetit et de l’École nationale d’aérotechnique, ne figure plus parmi les membres du C.A., selon le site de DASH-L. Il aurait démissionné.
 

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