Chantal Lippé a été une des premières entraineuses de boxe au Québec

Par Hélène Gingras
Chantal Lippé a été une des premières entraineuses de boxe au Québec
Une photo d'époque montrant Roxane Leblanc, Isabelle Ménard, Chantal Lippé et André Blais. (Photo : Gracieuseté - Facebook)

Chantal Lippé, décédée tragiquement lors d’un incendie survenu à sa résidence à Sainte-Catherine le 21 février, a été une des femmes précurseurs à titre d’entraineuse de boxe, faisant fi des remarques et des préjugés au fil des ans.

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Œuvrant dans le domaine depuis plus de 25 ans, elle avait écrit un article en 2018 qui devait être diffusé sur une page Facebook qui aurait eu pour mission de réunir les femmes entraineuses afin qu’elles partagent leurs expériences de coaching, s’entraident et se motivent.

Le projet n’a pas vu le jour, mais Ariane Fortin-Brochu, présidente de la Fédération québécoise de boxe olympique, l’a publié sur la page Facebook de l’association à titre d’hommage posthume. Martine Vallières-Bisson, qui enseigne au gym appartenant au mari de la victime, ainsi que les boxeuses Roxanne Leblanc et Isabelle Ménard, que Mme Lippé a entraînées dans le passé, en sont aussi responsables.

«Qui de mieux qu’elle-même pour vous raconter la femme déterminée qu’elle était et son parcours dans le monde de la boxe?, écrivent-elles en prélude. Merci Chantal d’avoir pavé le chemin des «femmes coachs», comme tu les appelles. Tu continueras de vivre dans notre petit monde de passionnés de boxe à travers les athlètes et les entraîneurs qui ont eu la chance de te côtoyer et d’apprendre de toi des leçons qui les ont fait progresser dans le ring comme dans la vie. Repose en paix.»

En résumé

On y apprend que Chantal Lippé a été passionnée par la boxe et le kickboxing dès son plus jeune âge. Elle regardait les affrontements en compagnie de son père. Elle s’est entraînée et a aussi combattu dans le ring à quatre reprises.

«J’ai appris très jeune à analyser les combats. Je comprenais que, si le boxeur lançait son meilleur coup et qu’il ne se protégeait pas, il finirait sûrement sur les fesses, surtout s’il avait les deux pieds dans la même bottine!» a-t-elle écrit.

Sa rencontre il y a plus d’un quart de siècle avec son futur mari André Blais, qui pratiquait alors le kickboxing amateur, allait devenir déterminante pour elle et lui.

André était un autodidacte. Elle s’est mise à l’accompagner quand il mettait les gants dans d’autres gymnases. Peu à peu, elle a commencé à le diriger.

Dans un texte inédit publié sur Facebook le 23 février, Chantal Lippé avait retracé son parcours d’entraineuse de boxe.

«S’il fait ça, réplique avec ça!, a raconté Mme Lippé. Et ça fonctionnait à coup sûr. Le gérant de mon mari fut le premier à réaliser que mes conseils étaient judicieux et logiques. J’ai pris goût à conseiller mon mari dans sa carrière, je suis même devenue sa diététicienne. On faisait un bon travail d’équipe!»

Néanmoins, sa présence jurait dans ce décor dominé par les hommes.  «Généralement, les gars écoutaient bien mes consignes, mais d’autres plus misogynes m’ignoraient totalement. J’ai dû faire ma place», a-t-elle révélé.

Son conjoint, lui, propriétaire du Gladiateur Gym à La Prairie, encourageait ses protégés à faire confiance à Chantal, à sa vision et à son approche différente.

Au fil du temps, Chantal Lippé est devenue officiellement une entraineuse de boxe en donnant des cours aux enfants pour monter une relève, allant jusqu’à former deux champions dans sa première année d’enseignement.

«Je ne sais pas combien de boxeurs, boxeuses, champions et championnes j’ai formé, mais ça n’a pas vraiment d’importance. J’aime enseigner, montrer aux jeunes comment faire leur transfert de poids, bouger la tête, leur apprendre à réfléchir par eux-mêmes et à analyser leurs erreurs, a-t-elle écrit. Je leur apprends aussi à avoir un bon esprit sportif Et je leur apprends qu’avec beaucoup d’ardeur et d’acharnement, on obtient souvent ce qu’on veut!»

Elle ne cachait pas avoir vécu «des moments de découragement, de grandes joies et de grandes peines», mais se réjouissait de voir de plus en plus de femmes entraineuses dans différents sports autrefois dominés par les hommes. Elle rêvait désormais de voir des femmes propriétaires de gymnases de boxe…

Pour lire le texte intégral sur Facebook, cliquer ici.

Une gerbe de fleurs a été déposée devant la maison incendiée. (Le Reflet – Hélène Gingras)
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