CHRONIQUE – COVID-19 : la Bourse ou la vie

Par Michel Thibault
CHRONIQUE – COVID-19 : la Bourse ou la vie
(Photo : Pixabay)

Si je croyais en Zeus, je dirais que c’est lui qui a envoyé la COVID-19 sur la terre pour la protéger. Pour donner un gros coup de main, propre il va sans dire, à cette pauvre Gaïa surchauffée par les activités humaines.

On sait depuis quelques années que nos gaz à effet de serre (GES) augmentent la température de la planète. Que le phénomène a des impacts catastrophiques qui vont en empirant. Qu’il faut renverser la vapeur. Mais on ne fait pas grand-chose.

Jusqu’ici la lutte aux changements climatiques s’est limitée à de timides gestes et beaucoup de parlote. Aucun traité ou accord mondial n’a fait souffler à ce jour le vent de fraîcheur qui empêchera de brûler notre habitat comme le souffle sur une cuillerée de soupe fumante.

Pour y arriver, il faudrait changer drastiquement notre mode de vie. Ça paraissait jusqu’à présent aussi facile à accomplir que les 12 travaux d’Hercule.

La COVID-19 a réussi l’exploit. Elle est parvenue à modifier le comportement de l’humanité du jour au lendemain en exposant clairement son enjeu : la Bourse ou la vie.

À travers le monde, les gens cessent leur train-train quotidien, ils font une pause pour empêcher le monstre de se propager. Ce ralentissement des activités humaines a déjà un effet bénéfique sur la planète. Des images satellites de l’Agence spatiale européenne montraient samedi que la pollution de l’air a diminué au-dessus de l’Italie depuis le confinement de sa population, rapporte CTV.

Le virus fait bouger les choses parce qu’il tue mais la pollution aussi rend malade et conduit son lot d’êtres vivants dans la tombe. Par exemple, en Chine, la production issue à 66 % du charbon cause 250 000 décès par année, selon le numéro de février de Science et vie.

Si je croyais en Zeus, je dirais que ce n’est pas par hasard qu’il a lancé le coronavirus dans l’atelier du monde. Qu’il voulait perturber la production, et la consommation, la surconsommation de toute l’humanité.

Dans son excellent texte «Il pleut des virus sur la terre», Boucard Diouf nous apprend que, selon une théorie, ces petites créatures s’en prennent à «l’espèce la plus abondante et la plus compétitive» dans les océans. «Même s’il n’est pas un animal marin, il y a dans cette découverte de quoi faire réfléchir Sapiens qui, au nom de sa seule croissance économique, a massacré profondément en si peu de temps ce que la Terre a mis plus de 3,5 milliards d’années à construire», écrit le scientifique humoriste.

Fait troublant et étonnant, la COVID-19 épargne les jeunes enfants, nous informe l’article Autopsie d’un virus paru dans La Presse.

Si je croyais en Zeus, je dirais qu’il favorise les Greta Thunberg de ce monde, qu’il a créé un justicier qui favorise la génération prompte à protéger Gaïa, notre bonne terre mère.

Mais peut-être bien que ce cher COVID-19 va ouvrir les yeux du monde de tout âge. Que le nouveau mode de vie temporaire qui nous est imposé va entraîner une réflexion et des changements de comportements radicaux. De nouveaux «paradigmes» comme l’indique Dr François Marquis, du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, dans une entrevue à LaPresse+. «Comme étaler l’heure de pointe ou permettre le télétravail. On va peut-être se rendre compte que rien ne s’effondre et que ça fonctionne très bien et ça va rester en place par la suite », rapporte l’article Qu’êtes-vous prêt à sacrifier pour un étranger ?

Étranger ? Peut-être, mais on est tous liés. La pandémie actuelle montre que la terre est vraiment un petit village, si on ne le savait pas déjà. Le sort de chaque personne dépend de tous les autres.

En cette période de réflexion sur l’humanité, je partagerai avec vous ces mots d’Ernest Hemingway : Pour qui sonne le glas.

Ce titre de roman est inspiré d’un poète anglais du 17e siècle que Hemingway cite comme suit : « Aucun homme n’est une île, un tout, complet en soi ; tout homme est un fragment du continent, une partie de l’ensemble ; si la mer emporte une motte de terre, l’Europe en est amoindrie, comme si les flots avaient emporté un promontoire, le manoir de tes amis ou le tien ; la mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain ; aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : c’est pour toi qu’il sonne ».

 

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Monique
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Monique

Je suis entièrement d accord avec vous. La terre a besoin d oxygene