Actualités

Cinq questions sur l'écoanxiété

lundi le 09 mars 2020
Modifié à 10 h 54 min le 10 mars 2020
Par Hélène Gingras
Trois organismes de la région s’unissent pour présenter une conférence gratuite sur l’écoanxiété à Sainte-Catherine, le mardi 17 mars. La docteure Karine St-Jean, psychologue, prendra la parole. Elle a accepté de répondre à cinq questions du Reflet. Comment peut-on décrire l’écoanxiété ? L’American Psychiatric Association a proposé que l’écoanxiété est une «peur chronique du désastre environnemental». Selon cette perspective, l’écoanxiété est une émotion de peur, qui persiste dans le temps et qui prend racine dans l’anticipation qu’une catastrophe pourrait survenir et affecter l’environnement. Cette peur est intense, intrusive et affecte la capacité des gens à fonctionner au quotidien. Une façon de concevoir l’écoanxiété est de la définir comme l’état d’esprit qui s’installe lorsque nous contemplons les impacts lents, progressifs et irrévocables liés aux changements climatiques.   Depuis quand ce mot existe-t-il dans la littérature scientifique ? Le terme écoanxiété est apparu tout récemment dans le vocabulaire, soit il y a moins de 10 ans. Le terme n’a été officiellement défini qu’en 2017 par l’American Psychiatric Association. Cependant, nos réflexions sur l’humain et le climat datent d’il y a plus longtemps. Au début des années 1990, l’écopsychologie est apparue. C’est un appel à reconnaître que la nature n'est pas quelque chose de séparé de nous et que nos besoins et ceux de la planète sont en fait un même continuum. Cet appel est au centre des enjeux actuels.   Est-ce nécessairement un sentiment négatif ? Être inquiet pour l’environnement est une réponse normale à ce qui se passe actuellement. Des sentiments d’urgence, de désolation, de deuil, de peur, de colère et de tristesse émergent souvent face au constat de la dégradation de la situation. L'indignation, l’impuissance et le découragement sont aussi fréquents. Cependant, au regard de l’adversité, l’humain laisse parfois émerger le meilleur de lui-même. Ainsi, des émotions positives peuvent être vécues lorsque nous avons le sentiment que nous nous mobilisons ensemble, pour le bien commun. Par exemple, nous pouvons ressentir un sentiment d’engagement ainsi qu’une énergie mobilisatrice. L’espoir peut naître d’actions environnementales.   Qui peut en être atteint ? Nous ignorons combien de gens vivent de l’écoanxiété et nous ne savons pas encore comment «mesurer» ce phénomène. Les observations disponibles jusqu’à maintenant nous informent toutefois que certains groupes de gens sont plus enclins à vivre de l’écoanxiété. Les gens de moins de 35 ans, les personnes qui sont naturellement proenvironnement et les femmes semblent plus à risque de vivre de l’anxiété, de la dépression et du stress reliés aux changements climatiques. Les gens vivant dans des zones géographiques qui sont plus à risque d’être affectées pourraient être plus vulnérables. Finalement, il est possible que les gens qui vivent avec de l’anxiété non reliée au climat puissent être plus à risque de développer de l’écoanxiété.     Comment peut-on composer avec l’écoanxiété ? Il faut trouver un équilibre entre savoir prendre soin de notre santé psychologique et rester engagés dans les efforts de lutte contre les changements climatiques. Que ce soit en s’impliquant dans des groupes d’activisme environnemental, en sensibilisant notre communauté, en réduisant notre consommation de biens matériels, en recyclant, en mangeant moins de viande ou en se déplaçant de manière écoresponsable, agir aide à réduire l’écoanxiété. Ceci dit, si nous ne prenons pas soin de nous, nous pouvons nous épuiser. Faire des choix sains concernant l’information que l’on consomme, apprendre à réguler ses émotions ou ses patrons de pensées qui nourrissent l’anxiété, avoir une bonne hygiène de vie et méditer sont autant de moyens importants pour prendre soin de nous. Également, passer du temps dans la nature, être proche de la terre et des éléments naturels est tout aussi important. Cela nous fait du bien au moral, et nous reconnecte avec ce pour quoi ces efforts en valent la peine.   Détails de la conférence La conférence est organisée par la Vigile verte, le Centre de femmes l’Éclaircie à Sainte-Catherine et le groupe d’entraide en santé mentale l’Avant-garde à La Prairie, avec le soutien de la Corporation de développement communautaire de Roussillon et l’appui de la députée de Sanguinet et ministre de la Santé, Danielle McCann.  Elle aura lieu à la Salle des marais du centre municipal Aimé-Guérin, de 19h à 20h. La conférence s’adresse aux personnes de 12 ans et plus. Les places sont limitées. Il faut réserver par courriel à info@vigileverte.com ou administration@agsmlaprairie.org.  

Connectez-vous afin de pouvoir ajouter des commentaires

Connectez-vous