Culture

Des finissants du cégep Édouard-Montpetit lancent une revue littéraire

mercredi le 19 mai 2021
Modifié à 8 h 24 min le 14 mai 2021
Par Ali Dostie

Les 12 finissants de l’option littérature en Arts, lettres et communications du cégep Édouard-Montpetit ont créé de A à Z une revue littéraire explorant différentes variations d’un même thème. Le tout, à distance. Les voilà prêts à présenter le fruit de leur travail, (CH∀OS). Entrevue avec les étudiants Jacob Subirana et Maude LaBarre ainsi que leur professeur du cours Revue littéraire, l’auteur Mathieu Blais. Pourquoi le «Collectif des égar(ée)s»? Jacob : Pour écrire à propos du chaos, il fallait aller vers quelque chose d’original, et on n’était pas sur le bon chemin, on était… égarés. On était perdus dans notre propre création. Il fallait se perdre pour trouver quelque chose de différent. Comment en êtes-vous venu à vouloir écrire sur le chaos? Maude : Ce sont les étudiants qui ont choisi, en se basant sur une citation de Game of Thrones [«Mais que reste-t-il si on abandonne le mensonge? Le chaos. Un trou béant attendant de nous avaler tous»]. On a retenu un mot dedans, qui nous apparaissait le meilleur choix. Jacob : On y voyait plusieurs possibilités. Quand on est arrivés à ce thème, tout le monde se disait : «j’ai une idée pour un texte». Abordez-vous le chaos que peut représenter une pandémie? Jacob : On n’en a pas parlé beaucoup dans nos textes. On voulait faire quelque chose de rafraîchissant. On peut parler de sujets parallèles à la pandémie, sans en parler directement. Maude : On voulait déconnecter, parce qu’on est tous un peu tannés! On voulait écrire librement. Mathieu Blais : Jusqu’à un certain point, j’ai été étonné que personne n’en parle. L’écœurement… il est là! La liberté a généré ça. Comment avez-vous trouvé cet exercice d’écriture et qu’est-ce qui vous a inspiré? Jacob : Avant ce cours, je n’avais pas écrit d’essai, de mon propre gré. J’ai découvert quelque chose de très libre. C’était… un exercice de liberté. [Dans le poème J’éteindrai tes cendres], j’ai essayé d’exprimer le point de vue d’un bourreau, la personne qui prend plaisir à la souffrance des autres. C’est quelque chose de chaotique, tirer une émotion complètement contraire à celle de sa victime. Maude : J’avais déjà écrit des nouvelles et j’étais à l’aise. Je me suis trouvée à aimer ça de façon assez intense. Le cours portait à ça, à s’amuser. Et ce que j’ai fait tout le long. Je me suis découvert une passion pour les personnages qui versent dans l’excès. [caption id="attachment_112596" align="alignright" width="334"] Le couverture de la revue[/caption] Quel a été le plus grand défi dans la création d’une revue? Jacob: C’est la partie en ce moment, de faire une entrevue! Puis, ç’a été difficile aussi de s’entendre comme il faut. On ne chicanait pas, pas du tout, mais on avait des points de vue différents. Maude: Je suis assez d’accord, car ça allait dans tous les sens parfois. D’un point de vue individuel, je dirais aussi que de tout le temps se retrouver devant son écran, de devoir lire son texte, encore et encore, jusqu’à le savoir par cœur…. Un moment donné, t’es un peu écœurée! Mais je comprends que ça fait partie du processus. Qu’est-ce qui vous a inspiré, Mérédith Boulais et toi, pour la conception des illustrations? Maude : Toutes les illustrations répètent une partie des textes ou un sous-thème. Plusieurs photographies, des photos de nature, plutôt calmes, sont là pour donner un break au lecteur, pour qu’il se repose. Avec le thème abordé, la lecture peut être un peu lourde. M. Blais : J’ai essayé de les orienter vers la recherche iconographique, la recherche de photos libres de droits, etc., et ils sont arrivés avec leur très fort désir de se commettre et ça a amené la revue ailleurs! Une belle surprise! Pourquoi le public devrait-il se procurer la revue (CH∀OS)? Jacob : C’est vraiment une revue qui a été faite entre amis. Ça fait deux ans qu’on étudie tous ensemble. Ça donne un résultat qui est un travail d’équipe.  

En vente

Publiée en 150 exemplaires, la revue est en vente sur le site de la Coop du Cégep. À l’initiative du Collectif, les fonds amassés seront remis au Fonds d’aide financière de la Fondation du cégep Édouard-Montpetit qui vient en aide aux étudiants aux prises avec des difficultés financières. La revue est aussi disponible en version numérique. Le cours étant l’épreuve synthèse de programme, la revue présente ainsi une diversité de textes (essais, fiction, poèmes, lettres, etc.).  

Naufrages

Extrait de «Naufrages», de Claudya Yelle, étudiante de Saint-Constant «La plongée Derrière la fenêtre qui s’ouvre sur le boulevard Saint-Jean-Baptiste / elle observe et espère / et ses voix la rappellent à leur emprise / alors elle laisse ses mots et leurs cris s’emmêler / et c’est une lame de tempête qui se lève / c’est l’instant des vagues qui claquent et qui rythment ses émeutes / c’est ce qui la maintient immobile / paralysée de l’intérieur / encore un peu plus loin du tangible. Toujours un peu plus loin.»      

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