Des précisions d’une médecin de Kahnawake concernant la contagion de la COVID-19

Par Valérie Lessard
Des précisions d’une médecin de Kahnawake concernant la contagion de la COVID-19

À la suite de la déclaration d’un premier cas confirmé de la COVID-19 à Kahnawake le 18 mars, le comité d’intervention COVID-19 de Kahnawake, a tenu à clarifier la différence entre l’auto-isolement de 14 jours et et la période d’incubation du virus de 24  à 48 heures.

Le premier cas confirmé à Kahnawake est une médecin, qui n’habite pas dans la réserve, mais qui travaille à l’hôpital local du territoire autochtone. La docteure infectée a voyagé dans la ville de New York du 7 au 9 mars. Elle a travaillé au centre hospitalier Kateri Memorial le 11 mars, a rapporté le comité d’intervention COVID-19 de Kahnawake.

«Son conjoint a développé des symptômes et s’est auto-isolé le 15 mars,  a expliqué la directrice exécutive de l’hôpital de Kahnawake Lisa Westaway. Elle s’est aussi auto-isolée ce jour-là et a annulé sa clinique prévue à l’hôpital Kateri.»

La médecin a développé des symptômes de la COVID-19 le 17 mars. Elle a été testée le même jour et a reçu son résultat le 18 mars.

Dans une lettre publiée en soirée le 18 mars, la médecin directrice des services professionnels de l’hôpital Kateri Memorial dans la communauté autochtoneSuzanne Jones souligne que la professionnelle de la santé infectée a pris toutes les mesures appropriées en présence d’un conjoint ayant des symptômes. Le fait que la médecin se soit auto-isolée deux jours avant l’apparition de ses symptômes, qui sont légers, «font en sorte qu’il n’y a aucun risque pour les employés ou les membres de la communauté».

«Pendant les analyses, les autorités de santé publique et les experts en maladie infectieuse du CHUM nous ont présenté le »pire scénario». D’autres virus connus sont présents 24 à 48 heures avant l’apparition des symptômes, écrit Dre Jones. Rappelons-nous que c’est un nouveau virus et qu’on ne le connait pas encore très bien. Même dans le pire scénario, la chronologie des événements démontre qu’elle n’était pas du tout contagieuse le jour où elle a travaillé à la clinique. Un département, reconnu mondialement en maladie infectieuse, nous a assuré et répété, car on était inquiets, qu’il n’y avait absolument aucune nécessité de retracer de contacts.»

Contagion versus incubation

La période de contagion du virus est de 24 à 48 heures avant l’apparition des symptômes jusqu’à la fin de ces derniers et avec la confirmation d’un test négatif.

La période d’incubation du virus  est, selon la direction de la santé publique de Montréal, en moyenne de cinq à six jours.

«Cependant, elle pourrait s’étendre jusqu’à 12,5 jours. Par prudence, on suggère aux fins de la recherche de l’exposition et de la surveillance des contacts de considérer une période de 14 jours», peut-on lire sur le site Internet de la Santé publique.

C’est pour cette raison que le gouvernement exige un isolement volontaire de 14 jours à toutes les personnes qui reviennent de l’étranger depuis le 12 mars.

«Nous avons tous le choix de suivre les décisions et recommandations faites par le comité d’intervention COVID-19  de Kahnawake. Ma plus grande préoccupation est que plusieurs membres de la communauté reviennent de voyage depuis le 12 mars et font le choix de ne pas s’auto-isoler, poursuit Dre Jones dans sa lettre. C’est l’une des plus grandes menaces dans la communauté, car plusieurs seront exposés au virus COVID-19. La conséquence sera la perte d’aînés, d’adeptes de langue mohawk et de guérisseurs traditionnels.»

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