Deux entreprises mettent de l’avant des artisans locaux

Par Vicky Girard
Deux entreprises mettent de l’avant des artisans locaux
La clientèle de Xavier Constantineau et Stéphanie St-Aubin demandait depuis un bon moment une boutique physique. (Photo : Gracieuseté)

La pandémie aura poussé des entrepreneurs à se lancer en affaires ou à se renouveler. C’est le cas de Maringouins Bleus, une plateforme Web pour les artisans québécois fondée à La Prairie en mars dernier. Silicone Québec, entreprise en ligne d’items pour enfants et de matériel artisanal, ouvrira quant à elle une boutique physique à Saint-Constant.

Claire Boily, fondatrice avec son conjoint Sylvain Lavoie de Maringouins Bleus, a perdu son emploi en tant que directrice artistique Web pour une chaîne de restaurants. Cet événement s’est avéré être un mal pour un bien, puisque la femme de 49 ans mijotait l’idée de son entreprise depuis 2016. Son conjoint âgé de 51 ans, lui, a été mis à pied. Il a décidé d’entreprendre un cours en démarrage d’entreprise, le même que Mme Boily avait déjà complété il y a plusieurs années. Bien qu’il travaille de nouveau, il s’implique.

Claire Boily et Sylvain Lavoie ont devancé leur projet d’entreprise qui devait naître à leur retraite. Photo gracieuseté.

«On s’était dit que tout ça se ferait à notre retraite. Là, mon conjoint et moi ne pouvions pas rester à ne rien faire, alors c’était le bon moment pour se lancer. Je me suis inscrite au programme STA», partage-t-elle.

Il s’agit d’un soutien aux travailleurs autonomes offert par l’École des entrepreneurs du Québec et Services Québec incluant soutien aide financière formation et suivi pour le démarrage d’une entreprise. Le programme l’a occupée et aidée à structurer son projet. Son expérience dans le milieu du Web lui a servi, mais Mme Boily admet avoir beaucoup appris en créant la plateforme transactionnelle qui regroupe à ce jour 216 boutiques d’artistes.

Ceux-ci peuvent s’inscrire gratuitement pour le moment grâce à un forfait pour les premières inscriptions. Éventuellement, le processus sera payant, sous forme d’abonnement. Maringouins Bleus conserve 10% des revenus. Les vendeurs doivent être des artistes québécois et assurer l’authenticité de leurs œuvres. Les formateurs souhaitant promouvoir leurs ateliers de création ou la promotion d’événements font également partie du concept de l’entreprise.

«À la base, quand je voulais acheter local, j’avais de la difficulté à être certaine que les créations étaient d’ici.»

-Claire Boily, entrepreneure

Identitaire

Se décrivant elle-même comme une «artiste dans l’âme», la Laprairienne ne trouvait pas de plateforme de vente ou d’achat de créations qui la rejoignait. Elle nomme en exemple Etsy dans le domaine.

«Je voulais faire quelque chose qui me ressemble, visuellement, entre autres», explique-t-elle.

En ligne depuis le 21 mars, le site Web évolue «tranquillement». Cela permet aux fondateurs de bien le tester. En quelques semaines, il est passé de 10 à 20 visites par jour à environ 200.

De la toile à une boutique

L’entreprise de Xavier Constantineau et sa conjointe Stéphanie St-Aubin, Silicone Québec, a connu une expansion de 100% durant la dernière année après deux ans d’existence. Jusqu’à maintenant, le couple pilotait le tout dans le sous-sol de sa maison à Saint-Constant.

Les entrepreneurs dans la trentaine, parents de six enfants, ont déniché plusieurs locaux pour l’ouverture d’une boutique, mais la COVID-19 les a freinés à maintes reprises. La fermeture de la boutique M.U.S.T., tournée désormais vers la vente en ligne, leur a finalement permis de mettre la main sur un espace pour répondre à la demande.

«La clientèle nous demandait fréquemment si nous avions une boutique. Bien qu’on avait le service de ramassage, on voulait vraiment avoir un magasin. C’était la prochaine étape», fait part M. Constantineau.

Mme St-Aubin ne cache pas que c’est un risque, étant donné l’incertitude entourant la pandémie.

«C’est se lancer dans le vide. On ne sait pas trop si, avec la troisième vague, on va être obligés de fermer. On est tout de même enthousiastes», dit-elle.

Si tout va bien, la boutique ouvrira au début du mois de mai.

Présentement, le site Web du couple se limite à des items pour enfants en silicone ou en bois naturel, ainsi que du matériel pour fabriquer des jouets et autres accessoires pour la dentition de bébés ou des attache-suces, par exemple. La vocation s’élargira avec l’ouverture d’un magasin.

«C’est un petit peu notre talon d’Achille. On a une clientèle bien établie qui veut venir nous voir en boutique, surtout des créatrices. On s’est lancés dans les ustensiles pour enfants et là, on veut encourager local et accueillir des créations d’artisans d’ici», explique M. Constantineau.

Sept font partie du projet à ce jour. Ils créent des savons, des couches lavables, des couvertures et des bougies, entre autres.

Les artistes doivent être enregistrés au Registraire des entreprises. La boutique qui portera le nom de Ma&Ma Famille s’adresse surtout aux femmes de 25 à 55 ans, selon l’entrepreneur.

Des noms significatifs

Le nom Maringouins bleus a d’abord été choisi pour sa référence à la culture et au folklore québécois dans lesquels sont ainsi nommés les moustiques. Puis, le bleu étant la couleur du drapeau de la province, l’adjectif ajouté allait de soi. Le logo de l’entreprise affiche un moustique portant une mitaine, qui évoque l’hiver. On peut également lire en en-tête sur le site Web «la piqûre des artisans et artistes d’ici».

Du côté de Ma&Ma Famille, le nom est précieux aux yeux des deux parents entrepreneurs, puisque les jumelles de Xavier Constantineau et Stéphanie St-Aubin s’appellent Maëly et Maëva.

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