Élections fédérales dans La Prairie : bisbille autour de la nomination de la candidate conservatrice

Par Hélène Gingras
Élections fédérales dans La Prairie : bisbille autour de la nomination de la candidate conservatrice
(Photo : Gracieuseté)

Pour protester contre la nomination d’Isabelle Lapointe à titre de candidate du Parti conservateur du Canada (PCC) dans La Prairie aux prochaines élections fédérales, l’exécutif politique local a remis sa démission en bloc, le 21 octobre.
«Notre décision de démissionner a été motivée par la façon antidémocratique des décisions prises par le directeur du Parti conservateur du Canada», affirment André Turcôt, l’ancien président, Louis-Robert O’Connell, vice-président, Andrew Turcôt, secrétaire, et Louis-Nicolas Pasquin, trésorier, dans leur lettre de démission dont Le Reflet a obtenu copie.
Ils reprochent de n’avoir pas eu leur mot à dire pour la nomination de la candidate du PCC dans La Prairie. Ils auraient été mis devant le fait accompli, selon eux.
«On avait une bonne candidature pourtant, quelqu’un de connu dans le comté», déplore M. Turcôt, militant conservateur depuis le début des années 1980.

L’exécutif local aurait su le 15 octobre que le processus de mise en candidature pour la circonscription se terminait dix jours plus tard.
«On ne l’a jamais vue dans La Prairie. C’est pourtant nous l’exécutif local.»
-André Turcôt, président démissionnaire du PCC dans La Prairie

«Les lacunes de communication nous ont brimés dans nos droits à titre d’exécutif […] afin de présenter un candidat choisi par les membres et approuvé par l’exécutif dans notre circonscription», signent-ils. Cependant, ils ne précisent pas pourquoi ils ont démissionné plutôt que de présenter leur candidature.
La version du directeur des opérations du PCC au Québec, Antoine Tardif, diffère.«Dès septembre, on avait avisé qu’il était possible qu’on déclenche des investitures à tout moment, a-t-il affirmé. L’exécutif aurait pu présenter un candidat s’il avait voulu et on aurait fait une course à l’investiture. De notre côté, on n’a jamais su que l’association avait un candidat. Au terme de la période de mise en candidature, Isabelle Lapointe était la seule candidate.»
Augmenter la proportion féminine
Jointe à son tour, Isabelle Lapointe a raconté avoir été approchée par les instances conservatrices, qui cherchent à augmenter la proportion féminine sur la scène politique fédérale. Celle est actuellement adjointe parlementaire à Ottawa auprès de Sylvie Boucher, soit «la seule femme députée conservatrice au Québec», a réfléchi, puis a accepté d’être candidate.
«Je trouve ça dommage… J’ai voulu rencontrer M. Turcôt, que je ne connais pas, mais il a refusé», a-t-elle dit.
Mère de trois enfants et résidente de La Prairie depuis 2014, celle qui partage son temps entre la colline parlementaire et la Rive-Sud réfute les allégations de l’exécutif démissionnaire qui lui reproche d’être parachutée.
Dans un communiqué de presse, elle affirme qu’elle se sent «privilégiée d’habiter une circonscription en plein essor économique et culturel» et qu’elle croit qu’«un changement de représentant au fédéral est plus que nécessaire pour que la circonscription de La Prairie continue de se développer à la hauteur des attentes».
De son côté, le chef conservateur Andrew Sheer loue «sa connaissance des enjeux et son dynamisme».
Pas de pression du sénateur Boisvenu
Mme Lapointe est en couple avec le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, a confirmé M. Tardif. Leur relation a défrayé les manchettes à l’hiver 2013 parce qu’elle était alors son adjointe parlementaire. Or, cette situation contrevenait au code d’éthique des sénateurs qui leur interdit de fournir un emploi à un proche. M. Boisvenu n’aurait pas imposé sa candidature, assurent Mme Lapointe et M. Tardif, contrairement aux allégations de l’exécutif démissionnaire.
 
 
 
 

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