J'ai mon voyage !

Par Hélène Gingras
J'ai mon voyage !

Le billet du 9 mars d’Hélène Gingras.

Avez-vous conscience des gens qui vous entourent? Êtes-vous respectueux d’eux? Même si vous ne les connaissez pas?

On a tous des moments où on est dans notre bulle. Qu’on ne se rend pas compte qu’on chante trop fort. Qu’on mâche de la gomme avec insistance. Qu’on marche trop fort. Et puis que nos comportements indisposent les autres. Mais quand ça dure des heures, ce n’est plus de la distraction. C’est de l’inconscience.

Il y a peu de temps j’ai pris l’avion. Lors du premier vol, je partageais ma rangée avec un homme qui prenait toute la place. À tout instant, sa jambe venait s’accoter sur la mienne. Genou contre genou. Parfois en me frôlant. D’autres fois plus directement. Ça m’indisposait. Je prenais un soin scrupuleux à prendre moins d’espace que requis. Pour limiter nos contacts. Parce qu’il entrait dans ma bulle.

Je ne sais pas s’il s’en rendait compte. Je ne pense pas. Parce que lorsque son genou touchait le mien, c’est moi qui finissait toujours par bouger au bout d’un moment pour les dissocier. Le plus discrètement possible.

Lors du vol du retour, je n’ai pas été plus chanceuse. J’étais assise aux côtés d’un homme dans la vingtaine qui me dépassait de deux têtes. Un grand gaillard. Qui avait décidé que l’accoudoir entre nos deux bancs lui était exclusivement destiné. Et que son coude – tellement il avait le bras long – rentrait presque dans mes côtes.

À défaut, je me suis glissée davantage du côté du hublot. J’ai fini par m’y faire d’avoir le haut du corps penché vers la gauche.

Je n’ai cependant jamais réussi à m’habituer au fait qu’il bougeait sans cesse durant les deux dernières heures de vol. Comme s’il fatiguait. Et qu’il n’arrivait pas à trouver une position confortable.

Tel un bébé qui glisse de son siège, il passait son temps à se redresser en se rejetant par derrière lourdement. Comme quelqu’un qui se lance sur un divan après une journée de travail particulièrement éreintante.

Du coup, je subissais le contrecoup. Tout comme sa voisine arrière. Sa tablette abaissée s’avançait vers elle d’un coup sec chaque fois.

Pas moyen de fermer l’œil, j’avais sans cesse une secousse qui me réveillait.   

Exaspérée, je l’avoue, je lui ai jeté un evil eye à la sortie de l’avion.

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