Je suis imparfaite

Je suis imparfaite

Le billet du 17 février 2016 d’Hélène Gingras.

Êtes-vous toujours à votre meilleur?

Vendredi, j’ai participé au tournage d’une émission de télé. Dont le Journal aura l’occasion de vous reparler d’ici quelques semaines.

Je le dis d’emblée, la télé n’est pas mon médium de prédilection. N’empêche, j’y ai touché pendant mes études. Sans être excellente, je savais tirer mon épingle du jeu. Faire passer mon message. Et je suis capable de savoir quand la prise est bonne ou pas. Ça se sent. Ça se sait.

Je ne cherche pas d’excuses ici, mais j’étais loin d’être en contrôle, à mon top. J’étais nerveuse. Stressée. Et fatiguée en plus. J’avais hâte que ma semaine de travail finisse. Pour rentrer à la maison et prendre un verre de vin; mon petit rituel du vendredi soir.

Il m’aurait sans doute fallu une deuxième prise. Sinon une troisième pour certaines réponses. Tellement je cherchais parfois des mots. Je bafouillais. Et plus je m’en rendais compte, plus j’avais l’impression de m’enfoncer. Gentil, le réalisateur m’a invité à prendre mon souffle le temps d’une réponse. Mais ça n’a pas été suffisant. À mon avis.

J’avoue aussi que je ne me retrouve pas souvent dans le siège de l’interviewé. Et que ça m’a un peu déboussolée. Je me demandais parfois où l’intervieweur voulait en venir. Ce qu’il voulait entendre. Ou, au contraire, me faire dire.

Une autre confidence ici, je vous trouve bon de vous prêter au jeu des entrevues avec nous. De nous faire confiance. Parce que même si on a parfois l’air décousu dans nos questions, on a déjà une idée de l’article en cours de route. Contrairement à vous bien souvent.

Bref, il faudra voir ce qui sera retenu. Ce qui sera coupé au montage. Mais j’espère que ce sera au minimum parce que j’anticipe déjà le résultat.

Tout ce préambule pour vous dire que je suis rentrée à la maison complètement à plat. Presque honteuse. Parce que je sais que je peux faire mieux. Que je fais beaucoup mieux en temps général. Et avec l’orgueil froissé. Avec le sentiment d’avoir échoué. Parce qu’on nous apprend tellement à performer, à toujours être à notre meilleur…

Pendant des heures, je n’arrivais pas à passer par-dessus.

J’ai enfin trouvé le réconfort en me donnant le droit à l’erreur. En me pardonnant d’avoir été imparfaite. J’ai ensuite trouvé le sommeil. 

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