La CPTAQ rejette l’agrandissement d’une carrière à Saint-Constant

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Par David Penven
La CPTAQ rejette l’agrandissement d’une carrière à Saint-Constant
(Photo : Photo gracieuseté – CPTAQ)

La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) refuse la demande de la compagnie Sintra d’agrandir sa carrière à Saint-Constant.
Dans sa décision rendue le 21 décembre 2018, la CPTAQ affirme que même si le site visé n’est pas exploité pour la production agricole depuis 2008, il n’en demeure pas moins qu’on se retrouve en présence de «sols de très bonne qualité, ce qui représente une très belle terre agricole qui offre une diversité de culture et des rendements intéressants».
L’organisme provincial poursuit en soulignant que ce n’est pas parce que le site visé n’est pas en partie cultivé qu’il n’est pas cultivable.
«Considérant qu’il s’agit d’une carrière réaménagée en un plan d’eau au terme des travaux d’extraction, une décision favorable résulte donc en la perte définitive de la ressource sol de haute qualité et annihile toutes possibilités d’utilisation du lot à des fins d’agriculture», écrit la CPTAQ dans sa décision.
 
Réserves
La CPTAQ avait émis des réserves, en juin 2015, indiquant que cette demande visant l’utilisation d’un terrain de 8,53 hectares à une fin autre que l’agriculture devait être refusée. Toutefois, la CPTAQ mentionnait qu’elle s’apprêtait à reconnaître un droit acquis de la compagnie sur une superficie d’un hectare adjacent au terrain visé.
La Fédération de l’Union des producteurs agricoles de la Montérégie s’était aussi montrée défavorable à la demande de Sintra, parlant de possibles «dommages majeurs» dans une lettre envoyée la même année à l’organisme gouvernemental.
«La demande [de Sintra] ne fait pas mention de certaines informations concernant le pompage de l’eau pendant la période d’exploitation. Quels sont les impacts du pompage actuels de la carrière sur le niveau des puits environnants et l’utilisation de l’eau à des fins agricoles? Ces impacts seront‑ils accrus par l’agrandissement de la superficie? Retrouve‑t‑on des sites contaminés dans le secteur?», se questionnait alors l’UPA.
Des représentants de Sintra ont rencontré la CPTAQ en séance publique, en octobre 2017, pour plaider leur cause.
Rappelons que dans une résolution adoptée le 13 mai 2014, la Ville de Saint‑Constant avait appuyé la demande de Sintra.
 
À propos de la carrière
Anciennement connue sous le nom de carrière de Saint-Isidore, celle-ci est en opération depuis 1955. On y retrouve un atelier, un parc d’équipements, un laboratoire, une usine de bitumineux, un bureau administratif ainsi que le concassage de granulats, représentant une valeur de 12 M$.
La production annuelle est d’environ 700 000 tonnes. La carrière offre de la pierre pour l’enrobage de bitumineux et le béton de ciment. Celle-ci représente un tiers de sa production annuelle (150 000 à 200 000 tonnes). Elle propose également de la pierre destinée aux travaux de construction qui constitue les deux tiers de sa production, retrouve-t-on dans la décision de la CPTAQ.

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