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La DPJ Montérégie a subi les effets de la pandémie et de la pénurie de personnel

le mardi 14 juin 2022
Modifié à 16 h 05 min le 14 juin 2022
Par Mario Pitre

mpitre@gravitemedia.com

Une hausse de 3000 signalements a été enregistrée l’an dernier à la DPJ de la Montérégie, pour atteindre le chiffre de 20 837. (Photo d’archives)

Le plus récent bilan annuel der la Direction de la protection de la jeunesse en Montérégie fait état d’une hausse de 3000 signalements l’an dernier, pour atteindre le chiffre de 20 837. Une autre année marquée par la pandémie, mais aussi par le manque de personnel, a indiqué la directrice régionale, Marie-Josée Audette.

Ces chiffres nous rappellent que chaque jour, de plus en plus d’enfants et d’adolescents présentent des troubles anxieux ou des difficultés d’adaptation majeures, qu’ils sont en détresse et font face à une réelle souffrance.

En conférence de presse, la directrice régionale a précisé que sur les quelque 20 000 signalements enregistrés, 5435 ont été retenus, une baisse de 415 signalements retenus comparativement à l’année précédente.

Les signalements proviennent toujours en majorité des employés d’organismes publics (32 %), mais aussi du milieu scolaire (24%) et des services policiers (20%).

Plus du tiers des signalements retenus (31,6%) sont des cas de négligence (alimentation, logement, vêtements), 21,7% découlent de mauvais traitements psychologiques (harcèlement, dénigrement) et 15,3% d’abus physiques.

Pour la directrice régionale, il importe d’être à l’écoute de nos enfants, de leurs humeurs, leurs besoins et se rendre disponible pour y répondre.

La dernière année, notamment en raison de la pandémie, a créé une pression à la hausse sur le nombre de signalements. «C’est difficile d’évaluer le nombre, mais il demeure que la pandémie a eu un impact sur la santé mentale des adultes et des enfants également.»

La pénurie de personnel a également joué sur le traitement des dossiers, d’où une liste d’attente relativement stable de 647 cas. Mme Audette évalue le manque d’effectifs à 10% du personnel en Montérégie, mais se réjouit du programme de recrutement massif mis en place auprès des étudiants et qui a permis l’embauche de 90 candidats.

Intégration des jeunes adultes

Par ailleurs, la DPJ régionale se félicite des résultats du programme de transition de sa clientèle vers la vie adulte, mis en place par l’entremise de 19 éducateurs sur tout le territoire montérégien.

Les journalistes ont pu d’ailleurs entendre le témoignage de Savana, une jeune femme de 20 ans qui a bénéficié de cet accompagnement. «Je veux laisser le message aux jeunes que c’est possible de réussir… il faut considérer cet accompagnement comme un outil et non comme un obstacle.»

Enfin, bien que le principal milieu de vie des enfants pris en charge par la DPJ soit toujours le milieu familial (47 %), la DPJ témoigne toujours d’un manque au niveau des familles d’accueil. Néanmoins, on indique qu’une proportion de 15 % des enfants est confiée à une personne significative et que ceux placés en famille d’accueil le sont auprès d’une personne qui leur était déjà connue.