Le retour à l’école : un casse-tête pour la commission scolaire

Par Hélène Gingras
Le retour à l’école : un casse-tête pour la commission scolaire
C’est au choix des écoles d’installer ou non des écrans protecteur à chaque pupitre. (Photo : Gracieuseté – Commission scolaire des Grandes-Seigneuries)

L’ouverture repoussée en septembre des écoles de la région demeure un casse-tête pour la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries (CSDGS). «Le défi va être d’aussi grande taille en septembre», évalue la directrice générale, Kathlyn Morel.  

Premier morceau : l’incertitude

Mme Morel précise qu’elle passera un été fébrile, puisque de nouvelles règles pourraient être dictées par la Santé publique et/ou le ministère de l’Éducation du Québec. Elle envisage que «chaque jour de l’été pourrait être nécessaire» pour mettre en place les différentes mesures. Des plans A, B, C et plus sont étudiés? actuellement.

«On a repoussé le casse-tête. On est assis sur le bout de notre chaise.»

-Kathlyn Morel, directrice générale de la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries

Le mot d’ordre toutefois donné aux directions d’écoles est de mettre en place les conditions d’hygiène et de sécurité. Les professeurs ont dû finaliser l’aménagement des classes pour respecter 2 m de distance entre chaque pupitre, au cas où cette règle sanitaire demeure. C’est au choix des écoles de protéger chaque pupitre pour que l’élève puisse voir devant et sur les côtés. Pour le moment, des classes ne peuvent accueillir la moitié des élèves d’auparavant, pour un maximum de 15, comme c’est la norme actuellement.

«Dans certains locaux, il n’y a pas assez d’espace», indique-t-elle.

Parallèlement, la commission scolaire doit poursuivre ses tâches administratives régulières (affectation des professeurs en vue de la prochaine année, planifier ses projets d’agrandissement, etc.), ce qui donne parfois lieu à des messages ambivalents, admet la directrice générale.

Ces coeurs peints sur l’asphalte permettent aux élèves de respecter la distanciation sociale de 2 m.

Deuxième morceau : le personnel

La Commission scolaire aurait été à défi si les écoles avaient rouvert pour quelques semaines jusqu’à la fin juin, étant donné que 800 membres du personnel sur les 3 800, soit 20% de l’effectif total de la commission scolaire, ont rempli une demande de réaffectation en lien avec la COVID-19. La situation touche autant des enseignants que d’autres corps de métier.

«On est allés puiser dans des volontaires et dans des professeurs du secondaire pour les huit écoles qu’on a rouvertes [situées à l’extérieur de la CMM]», dévoile Mme Morel.

La question demeure à savoir ce qui arrivera en septembre. Idem pour le personnel de conciergerie qui constitue aussi un enjeu majeur.

«Il faut nettoyer plus souvent les surfaces, ça prend plus de gens. Or, on vit déjà une pénurie. On a dû faire du rapatriement d’autres corps de travail», dit-elle.

Troisième morceau : l’équipement

Produits nettoyants, désinfectants, masques, gants et blouses; l’approvisionnement du matériel nécessaire pour faire face à la pandémie apporte son lot de préoccupations.

«On devrait être correct en septembre parce que les commandes vont rentrer d’ici là», évalue la directrice générale de la commission scolaire.

La situation aurait été plus difficile si toutes les écoles de la CSDGS avaient rouvert à la fin mai, admet-elle.

De façon générale, tous les professeurs pourront s’équiper et porter ou non certains équipements, selon leur contact physique possible avec les élèves. C’est plus vrai pour les professeurs des plus jeunes, moins habitués à respecter une bonne distance des autres.

Par ailleurs, les écoles doivent chacune posséder une trousse d’urgence advenant une éclosion. De son côté, l’équipe des ressources matérielles a fabriqué un lavabo extérieur permettant à plusieurs élèves de se laver les mains en même temps, afin d’accélérer cette tâche. Toutes les écoles en recevront un.

Toutes les écoles seront dotées d’un lavabo extérieur comme celui-ci, qui permet à plusieurs élèves de se laver les mains en même temps.

Quatrième morceau : cap sur l’enseignement

Avant que le gouvernement n’annonce que les écoles de la CMM ne termineraient pas l’année scolaire 2019-2020, 44% des parents avaient indiqué à la CSDGS leur intention que leur enfant retourne en classe sur une base volontaire. L’école sera-t-elle obligatoire en septembre?

Quoi qu’il en soit, la commission scolaire «doit garder le cap sur l’apprentissage des élèves» et faire en sorte que ceux-ci puissent réussir, bien que l’univers scolaire qu’ils ont connu autrefois sera complètement modifié dû à la COVID-19.

Suivi scolaire à distance

Après un «lent départ parce qu’il a fallu s’organiser», dit Kathlyn Morel, directrice générale de la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries, les professeurs assurent des suivis pédagogiques à distance d’ici la fin du calendrier scolaire, que ce soit par le biais de rencontres virtuelles, de capsules ou d’appels téléphoniques aux élèves. Ceux en possibilité d’échec sont tenus de participer.

Le bulletin des élèves du scolaire au troisième secondaire sera constitué d’un avis de réussite ou de non, contrairement à ceux des quatrième et cinquième secondaire qui recevront des notes sur 100, selon les matières. Quant aux élèves du préscolaire, ils auront une cote de A, B, C ou D.

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