Le travail d’Isabelle Laperrière : combattre l’invisible avec des gestes simples

Le travail d’Isabelle Laperrière : combattre l’invisible avec des gestes simples
Isabelle Laperrière espère que l'expérience acquise pour faire face à la COVID-19 servira par la suite. (Photo : Gracieuseté)

Le coronavirus fait partie d’une longue liste sur laquelle on peut retrouver le Clostridium difficile, les ERV ou le H1N1, entre autres. Des virus et des bactéries avec des noms qui ressemblent à des codes techniques. Isabelle Laperrière a trouvé sa voie dans la chasse aux infections pour protéger les usagers et les équipes de soins.

«Combattre l’invisible, c’est un défi et toujours une passion 15 ans plus tard, confie l’adjointe à la directrice de la prévention et du contrôle des infections (PCI) au CISSSMO. J’ai trouvé ma voie que de garder la santé des usagers avec des gestes simples.»

Avec son équipe, elle s’occupe des infections nosocomiales dans les trois hôpitaux et les 11 CHSLD du territoire. Beaucoup de surveillance et de formation composent son quotidien. Le but est de prévenir les éclosions, ce qui est ardu. On en arrive rapidement à la portion contrôle de son travail.

Depuis janvier, l’alarme a été sonnée. Mme Laperrière est en étroit contact avec les mesures d’urgence et la sécurité civile.

«La COVID-19 est un nouveau virus et on devait aller chercher les informations, explique-t-elle. On a été interpellés rapidement parce qu’on devait revoir les pratiques et s’ajuster selon les mesures ministérielles. Depuis janvier, mon équipe et moi sommes sous tension.»

Les différentes zones (chaude, tiède ou froide) étaient des notions qu’elle n’avait jamais eu à mettre en pratique.

«En quelques mois de travail, j’ai clanché mes 15 ans d’expérience, mesure-t-elle. On a revu l’utilisation des équipements de protection individuelle et l’hygiène des mains. On espère que ça aura cristallisé le travail des équipes.»

Son équipe est composée d’une dizaine de personnes. Une unité qui travaille dans l’ombre, mais qui apporte un soulagement aux autres équipes en ces temps difficiles. Une expertise précieuse en conseils en ce moment. Mais comme les informations ont changé rapidement, l’équipe PCI s’est transformée. Mme Laperrière confirme qu’elle ne fait plus son travail comme avant. Une garde et une ligne téléphonique ont été instaurées. En plus du CISSSMO, les PCI supportent les différents types d’hébergement privés du territoire.

Des gestes simples

La crise actuelle se veut la première pandémie depuis celle de la grippe espagnole au début du siècle dernier. La crise de la COVID-19 a suscité la panique. Isabelle Laperrière indique que les gens aimeraient des méthodes extraordinaires pour une situation exceptionnelle. Pourtant, la clef de la victoire réside dans des gestes simples.

«Ça reste l’hygiène des mains, résume-t-elle. Entre 30 et 50 % des infections nosocomiales pourraient être prévenues par le lavage des mains. Je me bats aussi pour des pratiques d’hygiène de base.»

Elle constate que c’est toujours compliqué avec un adversaire invisible, mais Mme Laperrière remarque une ouverture pour le port du masque et de la distanciation sociale.

«En espérant qu’on y voit un impact positif lors de la prochaine éclosion de grippe ou de gastro», termine-t-elle.

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