Les animateurs de camps de jour se font plus rares

Les animateurs de camps de jour se font plus rares

La Ville de Saint-Constant n'a pas encore comblé tous ses postes d'animateur.

Crédit photo : Gracieuseté - Ville de Saint-Constant

Signe d’un début de pénurie de la main-d’œuvre ou d’un emploi qui n’est plus aussi prisé qu’autrefois, les Municipalités ont de la difficulté à recruter des animateurs de camps de jour estivaux.

«La problématique se ressent depuis environ cinq ans, indique Dominique Beaumont, directrice des communications à la Ville de La Prairie. Les candidatures sont moins nombreuses qu’auparavant malgré la hausse des inscriptions année après année.»

Elle ajoute qu’heureusement, la Ville a malgré tout réussi à combler tous les postes disponibles.

«La problématique se ressent davantage pour notre programme d’accompagnement «Les Incroyables» pour les enfants vivant avec une déficience auditive, intellectuelle, motrice ou visuelle, poursuit-elle. Les moniteurs-accompagnateurs sont plus difficiles à recruter.»

La situation est similaire à Saint-Constant, qui peine aussi à combler ses postes d’accompagnateurs pour les enfants à besoins particuliers. De plus, la Ville dispose de 10 postes à temps plein d’animateurs sur les 100 qui n’ont pas été comblés à ce jour.

«Nous recevons de moins en moins de CV pour les postes à combler au camp de jour, alors que les besoins augmentent chaque année», confirme aussi Marilou Robert, responsable des communications à Saint-Philippe.

À titre d’exemple, elle mentionne que 23 postes d’animateurs seront à pourvoir cet été, comparé à 14 il y a trois ans, puisqu’il y aura 90 places de plus, pour un total de 195.

Delson change de stratégie

De son côté, la Ville de Delson espère avoir renversé la tendance, puisque le recrutement n’a pas été problématique cette fois.

«On a apporté des changements, comme augmenter le salaire, et on a fait de l’affichage prolongé et plus diversifié dans les écoles afin d’avoir davantage de candidatures», mentionne Laure Rodriguez-Vigouroux, responsable des communications.

La Ville a ainsi reçu plus de 70 CV, lui permettant d’embaucher 41 jeunes à titre de moniteurs-accompagnateurs. Du lot, 25 sont des anciens, alors que 16 sont des recrues.

Seule la Ville de Candiac affirme n’avoir pas eu de difficulté à recruter. De plus, son taux de rétention des employés-étudiants s’élève à 72%, soit 79 pour les 109 postes offerts à l’animation de camp de jour, à l’horticulture, à l’entretien des parcs et autres.

«L’énergie et les ressources investies par la municipalité pour assurer le développement et l’épanouissement de ses jeunes employés, en l’occurrence, de la relève, portent ses fruits», croit Jacinthe Lauzon, directrice du service des communications.

Des raisons évoquées

Les Municipalités s’expliquent mal que l’emploi d’animateur soit délaissé.

«ll s’agit d’un poste intéressant comme premier emploi, surtout quand on aime les enfants et c’est bien rémunéré. Nous offrons toute la formation essentielle à leur travail: les premiers soins, comment développer la créativité, les interactions sociales, etc.», donne en exemple Manon Mainville, directrice des communications à Saint-Constant.

«Parmi les enjeux identifiés, nous remarquons que l’horaire estival de neuf semaines est moins attrayant qu’un poste qui permettrait au candidat de travailler à l’année.»

-Marilou Robert, Ville de Saint-Philippe

Mme Robert renchérit dans le même sens à l’effet que les animateurs vivent une expérience humaine hors du commun, leur permettant de développer leurs habiletés sociales et leur créativité, notamment. Cependant, les emplois d’été sur neuf semaines et non à l’année, perdraient en popularité, selon elle. De plus, d’autres emplois seraient plus payants ou avec des conditions plus avantageuses, selon ses observations.

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