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Les technologistes médicaux de la Montérégie veulent de la reconnaissance

jeudi le 15 avril 2021
Modifié à 10 h 06 min le 15 avril 2021
Par Yanick Michaud
Les technologistes médicaux de la Montérégie s’inquiètent de l’avenir des laboratoires dans les hôpitaux de leur région. La menace plane de voir s’établir un laboratoire centralisé qui compromet les résultats pour des milliers de patients. « Actuellement, nous sommes en négociations au national. Nous revendiquons de meilleures conditions et un salaire convenable. Mais il y a plus que ça. Il y a ce projet de centralisation qui s’appelle Optilab à Saint-Bruno. Le gouvernement voudrait ouvrir un laboratoire où tous les échantillons de la Montérégie seraient envoyés. C’est insensé », disent trois intervenants rencontrés mercredi matin devant l’Hôpital du Suroît. Maxime Quach, un technologiste médical dans les laboratoires du CISSSMO, Michaël Rocheleau, agent de mobilisation et d’information et Robert Comeau, représentant national de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), s’inquiètent. Ils avaient organisé une activité de reconnaissance pour les techniciens. Ils en profitaient pour sensibiliser les gens sur ce qu’ils vivent. « Il y a 25 millions d’échantillons par année. Ils disent vouloir économiser en centralisant les tests que nous faisons. Mais ça entraîne des frais. Des pertes d’échantillons. Des délais. Imaginez si vous êtes en attente d’un diagnostic pour un cancer. L’attente causée par ces délais est très longue. Ça entraîne des retards », lancent les porte-parole qui ont également visité l’Hôpital Anna-Laberge au passage. Mais il y a plus dans les revendications de ces travailleurs de l'ombre. « Les technologistes médicaux, nous travaillons fort. Mais nous n’avons pas droit à la prime de dangerosité parce que nous sommes exposés à la COVID. Nous manipulons les échantillons au même titre que les infirmières. Il n’y a pas de logique. Ça fait un an qu’on la demande. Nous voulons être traités équitablement, explique Maxime Quach qui œuvre à l’Hôpital d’Ormstown. Nous ne voulons pas l’enlever aux autres. Nous voulons notre part. » Au Québec, plus de 7 millions de tests de dépistage de la COVID-19 ont été réalisés depuis le début de la pandémie dont 1 million en Montérégie.

La CAQ prolonge les décisions

Les 560 technologistes de la Montérégie trouvent que les négociations stagnent. « Ces mesures entraînent des conditions difficiles. Elles émanent du gouvernement libéral. Des décisions de Gaétan Barrette. Mais plutôt que de corriger le tir, la CAQ poursuit dans la même veine. Les négos n’avancent pas. Nous demandons des formations, de meilleures conditions de travail, la reconnaissance de l’apport essentiel de notre travail », plaide-t-il. Sans compter que le gouvernement affirme publiquement depuis des années qu’une baisse du nombre de postes dans les laboratoires est à prévoir. Cette publicité négative a entraîné une diminution marquée des inscriptions dans les programmes d’étude menant à un poste dans ce domaine. « La menace de réorganisation qui plane entraîne la baisse des inscriptions dans les cégeps. On manque de gens partout », disent les responsables du mouvement. De plus, le personnel de laboratoire est majoritairement épuisé ou désengagé en raison du rythme de travail imposé depuis des mois. Alors que la menace des variants prend de l’ampleur, la charge de travail s’alourdit encore avec les nouvelles exigences liées au criblage des résultats positifs de la COVID-19. « Il y a un record de congés maladie. Et ça ne va plus bien », concluent ceux qui profitent de la semaine qui leur est consacrée pour tenir des votes à l’effet de prononcer ou non un mandat de grève.

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