Le leurre informatique d’enfants est «un fléau»

Le leurre informatique d’enfants est «un fléau»

Les dossiers traités par le Service de police de l’agglomération de Longueuil révèle que 75% des victimes de leurre informatique sont des filles.

Crédit photo : Pixaby

Une adolescente du territoire a récemment été leurrée par un cyberprédateur. Prétextant avoir besoin d’une gardienne d’enfant, l’homme a utilisé un faux compte Facebook pour attirer la jeune fille de 14 ans chez lui et la ensuite forcer à avoir une relation sexuelle en la menaçant avec une arme blanche.

Le Courrier du Sud s’est intéressé au phénomène du leurre informatique, alors que l’accès aux réseaux sociaux et à Internet ne cesse de croître.

La sergente-détective à la division des crimes à caractère sexuel du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) Laura Comeau explique qu’il s’agit «d’un problème exponentiel».

Depuis 2010, le nombre de cas de leurres informatiques enquêtés par le SPAL a quadruplé, passant de quatre en 2010 à dix-sept en 2017. Depuis le 30 avril, les policiers ont enquêté six cas de leurre informatique et deux ont déjà été solutionnés.

«Ce n’est plus comme il y a dix ans, où le seul ordinateur de la maison était dans le salon. Maintenant, tous les jeunes ont accès à un moyen de télécommunication qui leur appartient, comme le cellulaire, explique la sergente-détective Comeau. Internet fait partie prenante de la vie de nos jeunes et malheureusement, cet outil a des qualités, mais aussi des défauts. Ça donne une plus grande accessibilité aux jeunes pour les prédateurs.»

Ouvrir la communication

Comme de nombreux jeunes «se valorisent beaucoup avec Internet», la sergente-détective Comeau explique qu’il est extrêmement important de leur faire prendre conscience «que ce n’est pas parce que c’est écrit que c’est vrai».

«Ils doivent faire la distinction entre la vie virtuelle et le vrai», ajoute-t-elle.

La sergente-détective incite les parents «à se tenir au courant des activités de leurs jeunes sur les réseaux sociaux» sans leur en interdire l’accès.

«C’est important pour le parent de garder le contrôle en demandant les codes d’accès et en vérifiant sporadiquement ce que son jeune fait», explique-t-elle, ajoutant que les parents doivent expliquer aux jeunes que «c’est pour leur protection et non pour les espionner.»

Prévenir et dénoncer

La policière explique que le leurre informatique est un crime difficile à contrer puisque les policiers sont «toujours en réaction, un pas en arrière».

«Les cyberprédateurs évoluent dans le crime et ils deviennent de plus en plus intelligents pour cacher leur identité. Il y a de plus en plus de moyens pour eux de se cacher», explique-t-elle, précisant que de la cybersurveillance est effectuée.

C’est entre autres pour cette raison que les corps policiers misent sur la prévention et la communication avec les jeunes pour éradiquer ce problème.

«Les parents doivent valoriser la qualité des relations versus la quantité.»

– Sergente-détective Laura Comeau

«Le nerf de la guerre est la prévention», insiste-t-elle.

Les jeunes de différentes écoles du territoire sont d’ailleurs informés dès le 3e cycle de niveau primaire.

«À ce niveau-là, ça vise beaucoup la sécurité. Par exemple, quelle information est diffusée sur les réseaux sociaux et, à l’inverse, ce qu’il ne faut pas diffuser et comment se protéger des gens avec qui ils discutent», explique la sergente-détective.

Lorsqu’ils interviennent dans les écoles secondaires, les policiers axent leur intervention sur la cybercriminalité et l’importante de dénoncer.

«Il faut leur parler de leur responsabilité de ne pas donner des photos de nudité et, surtout, de ne pas embarquer dans la chaîne de partage de ce genre de photos, précise-t-elle. Leur rôle, c’est de dénoncer et de ne pas repartager.»

La sergente-détective insiste d’ailleurs sur le fait qu’il «faut sensibiliser la population à la dénonciation le plus rapidement possible pour éviter que ça dégénère».

Pour dénoncer: www.cybertip.ca/app/fr/

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