Littérature jeunesse: histoire de monstres… intérieurs

Par Joëlle Bergeron

Pour son premier roman jeunesse, Il était une voix, l’auteure Andrée Gendron propose un livre sans vampire ni loup-garou. Le monstre qu’elle met en scène, plus discret, est une voix intérieure qui rend la vie de la petite Harmonie infernale.

Dans l’ouvrage publié aux éditions Carte blanche, la jeune fille voudrait faire taire cette mauvaise conseillère qui lui dicte sa conduite, mais elle ne sait pas comment s’y prendre.

«Je trouve que les enfants sont confrontés très tôt à des standards de perfection difficiles à atteindre pour eux, remarque la résidente de La Prairie. Dans un monde où la compétition est de plus en plus présente, il peut être plus ardu de s’apprécier autrement qu’à travers le regard de l’autre.»

S’inspirant ce constat, Mme Gendron a fait de la petite voix intérieure, celle qui dénigre et freine les élans, un personnage à part entière.

Durant sa quête pour composer avec son indésirable, Harmonie se lie d’amitié avec Mme Mélo, une biologiste, artiste à ses heures, qui a un parcours professionnel similaire à l’auteure.

«C’est sûr que je me suis inspirée aussi de ma vie, confirme Mme Gendron, biologiste de profession. Je travaille en sciences depuis longtemps, mais j’ai un côté artistique très fort. Avec ce livre, je me suis permis de l’exprimer.»

Universel

L’auteure, dont le livre s’adresse à un public de 9 ans et plus, démontre que si on sait les apprivoiser, il arrive parfois que les monstres invisibles se transforment en fidèles compagnons de route.

Consulté par Mme Gendron, le psychologue Alexandre Francisco estime d’ailleurs que l’auteure a réussi, à travers une histoire accessible aux enfants, «à traduire une réalité qui nous touche tous, à savoir cette partie en soi qui nous ne regarde pas toujours avec bienveillance.»

«J’ai vu une entrevue sur les entendeurs de voix et j’ai remarqué que certaines stratégies qu’ils utilisent pour composer avec leurs hallucinations auditives sont les mêmes que celles que j’ai utilisées, même si mon personnage ne souffre pas de problèmes de santé mentale», fait savoir Mme Gendron.   

Publication à compte d’auteure

Andrée Gendron a déjà publié de nombreux articles scientifiques dans des revues spécialisées ainsi que des documents de vulgarisation destinés au grand public.

«En sciences, quand tu envoies un article, ça prend deux ou trois semaines avant de recevoir une réponse et si ce n’est pas publiable, on indique les raisons, dit-elle. En littérature, j’ai pu constater que c’était complètement autre chose.»

«Tu as beau acheminer ton manuscrit à une tonne de maisons d’édition, soit tu ne reçois pas de réponse, soit on te refuse, mais sans explications», poursuit-elle.

C’est pour cette raison qu’elle s’est tournée vers la maison d’édition Carte blanche qui guide les auteurs dans toutes les étapes de la fabrication d’un livre. Mme Gendron est tombée sous le charme du travail de l’illustratrice Typhaine Le Gallo et lui a demandé de mettre son univers en images.

Il était une voix est entre autres disponible depuis décembre chez Archambault, Renaud-Bray, et dans les librairies Boyer. Il est aussi possible de le commander en ligne.

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