Mourir dans le respect et la dignité dans les hôpitaux

Mourir dans le respect et la dignité dans les hôpitaux
(Photo : Depositphotos)

Ma mère âgée de 90 ans est décédée au mois d’août 2019 à l’Hôpital Anna-Laberge. Elle y a été hébergée durant deux semaines.

Après son arrivée en ambulance, elle est demeurée une journée dans le corridor et une journée à l’observation. Comme elle ne parlait pas en raison d’une aphasie, elle ne pouvait exprimer ses besoins. Quand je quittais son chevet, j’avertissais le personnel, mais je revenais et personne ne l’avait nourrie, alors qu’elle ne pouvait manger seule. Son plateau, plein, était sur sa civière. Elle avait aussi souvent froid.

C’est parce que j’ai insisté que j’ai enfin réussi à lui obtenir une chambre. Une dame en fin de vie, mais autonome et très amicale veillait sur elle, lui faisant manger de la purée – c’est tout ce qu’elle pouvait avaler -.

Ma mère était assise durant la journée dans une chaise pour éviter les plaies de lit. Un jour qu’elle n’a pas eu la force de se lever, une infirmière a refusé de m’aider pour la sortir de son lit à deux reprises, préférant garder ses énergies pour danser sous une musique qui jouait dans le corridor. Heureusement, deux autres plus attentionnées m’ont aidée.

J’ai rencontré le directeur de l’étage pour lui expliquer le problème et lui dire que certaines employées ne montraient pas suffisamment d’empathie envers les patients. Il n’a pas aimé ça. Je n’ai plus parlé ensuite, de peur que ma mère en subisse les conséquences.

Le lendemain, j’ai trouvé deux plateaux de repas sur son lit. Elle n’avait pas déjeuner ni dîner, faute de temps de la part de l’infirmière attitrée.

Dans les jours suivant, j’ai apporté un ventilateur pour qu’elle ait moins chaud. La rallonge a vite disparu, sans que personne ne sache où elle était passée.

Dans la dernière semaine, ma mère mangeait peu et on devait lui humecter les lèvres avec une éponge imbibée d’eau. Souvent, quand j’arrivais, je voyais au niveau du verre d’eau que ça n’avait pas été fait.

Il n’y avait pas de place aux soins palliatifs pour accueillir ma mère. Elle s’est ainsi retrouvée en face du poste d’accueil avec une dame insatisfaite qui criait. Alors qu’il lui restait que quelques heures à vivre, j’ai encore insisté pour qu’elle obtienne une chambre seule, ce qui lui a été accordé.

On ne meurt qu’une seule fois et je crois que cela devrait se passer dans l’amour et le respect.

Sylvie Fournier 

Saint-Constant 

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arpin roselyne
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arpin roselyne

J’ai lu votre commentaire et nous avons vécu la même chose avec mon mari décédé le 1 er octobre au CHSLD de laprairie , hospitalisé le 31 juin a l’hospital Pierre Boucher son cancer avait résidivé au mois de mars il se plaignait d’avoir mal dans le dos les métastases étaient dans les os il faisait aussi de l’alzheimer donc il ne se servait pas de la cloche pour avoir la dose de médicaments pareil pour la plaie de lit c’est moi qui s’en ai rendu compte car pour la toilette il n’en avait pas, je n’étais pas la seule… Lire la suite »

Marie Jeanne Soucisse
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Marie Jeanne Soucisse

Inhumain peux etre il serait temps de visiter vos etres chers avec votre avocat.

micheline tellier
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micheline tellier

je suis tellement désolée cette des-humanité . Je suis derrière vous. il faut dénoncer pour que cela change. La plupart font des infirmières font leur travail comme une vocation, d’autre non. Il semble que ces personnes dont vous parlez ne sont pas à leur place, la direction non plus

Thérèse Guérin
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Thérèse Guérin

J’ai eu à vivre le même problème avec ma mère en 2008 à hôpital du Suroît à Valleyfield . Je suis resté marqué par ce geste.Encore aujourd hui .Quand je lis des témoignage comme celui là en 2020. Je me dis…. es ce que je vais être obligé de vivre ,ce même scénario que ma mère ?…. Nous allons tous finir au même endroit. Espérant mourir dans la dignité ; après avoir payer des impôts et des taxes comme tout le monde.

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[…] «La dame qui a écrit une lettre ouverte au <@Rb>Reflet<@$p> récemment a fait une plainte au bureau des infirmières. Elle a arrêté là. Ce n’est pas là qu’il […]