N’oublions pas les animaux

N’oublions pas les animaux
(Photo : Gracieuseté)

À l’arrivée de la grande période des déménagements, il est à se demander si, malgré les conséquences de la COVID-19, le Québec se prépare à battre un nouveau record en matière d’abandons d’animaux de compagnie.

Un classique québécois

Je ne vous surprendrais sûrement pas en vous rappelant que le Québec a la fâcheuse réputation d’être la pire province en matière de bien-être animal. En effet, notre belle province détient depuis plusieurs années le triste record des abandons d’animaux, et ce, partout en Amérique du Nord.

Ce record, qui en dit long sur la responsabilité des Québécois envers leurs animaux de compagnie, nous amène à nous remettre en question face à ce problème très inquiétant qui se perpétue au fil des années.

Un motif d’abandon fréquent

Plusieurs raisons peuvent motiver l’abandon d’un animal, et parmi celles-ci se retrouvent bien évidemment les déménagements.

Voici les 5 principales raisons d’abandon d’animaux chez les Québécois:

  • l’animal a des problèmes de comportement;
  • le propriétaire ou un membre de la famille souffre d’allergies;
  • les propriétaires attendent un bébé;
  • le propriétaire manque de temps ou d’espace pour son animal;
  • le propriétaire déménage.

Durant la période des déménagements, on estime qu’environ 32% des animaux sont abandonnés selon les statistiques des dernières années. Ce chiffre est énorme, sachant qu’il ne touche qu’une petite période de l’année.

Dans le palmarès des animaux abandonnés, nous retrouvons en première place le chat, qui est l’animal le plus abandonné au Québec, suivis par le chien et le lapin.

Un lourd constat

En plus de ces animaux qui sont abandonnés par le propriétaire dans un refuge ou service animalier, n’oublions pas tous les autres qui seront tout simplement abandonnés dans l’appartement (bien souvent sans eau ni nourriture), jeté à la poubelle (oui oui, cela arrive vraiment), attacher devant un refuge ou laisser sur le bord de la rue dans une boîte de carton.

Dans quel monde vivons-nous, pour avoir affaire à un manque de compassion et de sensibilité aussi terrifiant?

Sans parler de l’abandon de chats non stérilisés à l’extérieur qui ne fera qu’aggraver le problème de surpopulation féline déjà présent au Québec. Bref, il me faudrait plusieurs autres pages pour couvrir entièrement cette problématique tout aussi inquiétante.

Prévenir les abandons

Bien que chaque histoire soit différente, plusieurs moyens peuvent être mis en place afin de prévenir les abandons au meilleur de nos capacités. Ces solutions, facilement applicables par tous, se résument à responsabiliser les propriétaires d’animaux.

  • Bien réfléchir avant de passer à l’adoption

Qui ne craquerait pas devant un mignon petit chiot à l’animalerie ou devant l’adorable chaton que notre voisine désire placer dans une nouvelle famille ? Avoir un coup de cœur et avoir envie de succomber au charme de l’animal et le ramener impulsivement à la maison est possible, mais il ne faut pas s’arrêter là.

Loin d’être anodine, l’adoption d’un animal doit être longuement réfléchie au préalable afin de s’assurer que l’acte est responsable et que l’animal pourra avoir tous les soins nécessaires dans sa nouvelle famille, et ce, sur le long terme. Rappelez-vous qu’un chien peut vivre de 10 à 15 ans et un chat de 15 à 20 ans, l’adoption représente donc un immense engagement qu’il faudra respecter.

  • Adopter dans un refuge

Contrairement aux animaleries ou achats chez des particuliers, les refuges pourront vous donner une foule d’informations très précises sur votre compagnon, en plus de l’intégrité de son dossier médical et comportemental. Cela veut donc dire que lors de l’adoption, vous aurez tout de suite une meilleure idée du profil de l’animal, plutôt que de se lancer à l’aveugle avec un chiot ou chaton sans évaluation poussée qui vous réservera peut-être plusieurs surprises.

De plus, les animaux de refuge sont pour la plupart tous stérilisés, micropucés, vaccinés et vermifugés, ce qui vous sauve déjà beaucoup de frais ! Certes, le plus beau dans tout ça reste quand même de donner une deuxième chance à un animal dans le besoin et de faire sa part pour aider les refuges.

  • Faire beaucoup de recherches

Ce ne sont pas tous les animaux qui auront les mêmes besoins, il faut donc s’assurer d’avoir tout le matériel ainsi que l’installation nécessaire pour accueillir votre nouveau compagnon. Je vous le répète, prenez le temps de bien vous renseigner et de réfléchir avant de passer à l’acte, cela vous sauvera bien des regrets plus tard.

  • Prévoyez votre déménagement à l’avance

Une des meilleures façons de prévenir un abandon dû à un déménagement est de commencer vos recherches bien à l’avance pour avoir le temps de trouver un logement qui accepte votre compagnon et qui est dans votre budget.

Vous ne savez pas par où commencer? Visitez le site appartmap.com qui vous permettra de rechercher des logements par critères, dont celui d’accepter la présence d’animaux.

Astuce : N’hésitez pas à mettre votre futur propriétaire en confiance en lui présentant votre animal, en vous procurant une lettre de recommandation de votre propriétaire précédent attestant que votre animal ne représente pas un problème et que vous êtes un propriétaire responsable, ou même en lui présentant un certificat obtenu lors d’un cours d’éducation canine pour vanter la bienséance de votre compagnon.

Mel-Lyna Cadieux, bénévole en refuge et militante pour le bien-être animal au Québec

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