Opinion

Oui à un ordre professionnel des ostéopathes… pour la protection du public

mercredi le 23 mai 2018
Modifié à 14 h 12 min le 23 mai 2018
Par Hélène Gingras

À titre d’ostéopathe, membre d’Ostéopathie Québec, la plus grande association d’ostéopathes au Québec, je me sens directement interpelée par la lettre ouverte Oui à un ordre des ostéopathes, mais… , parue dans Le Reflet (édition du 25 avril) sous la signature de Caroline Durand, directrice de l’École professionnelle des ostéopathes du Québec. Peu de gens le savent, mais l’ostéopathie n’est pas encadrée et il n’existe aucune norme visant à assurer la qualification des personnes qui exercent cette profession au Québec. L’ostéopathie n’est pas enseignée dans les établissements reconnus par le ministère de l’Éducation (cégeps, universités), mais plutôt par des écoles privées qui n’offrent pas toutes les mêmes formations. On retrouve même des ostéopathes qui ont obtenu un diplôme après avoir suivi un cours de quelques heures en ligne. Or, la pratique de l’ostéopathie n’est pas dénuée de risque pour les patients. C’est la raison pour laquelle le gouvernement du Québec travaille présentement sur un projet d’ordre professionnel des ostéopathes, dont la mission première sera d’assurer la protection du public. C’est donc avec étonnement que j’ai pris connaissance de la lettre ouverte de Mme Durand, celle-ci remettant en cause le processus de création de l’ordre professionnel sous prétexte que «des centaines d’ostéopathes ne pourraient pas accéder directement et sans contrainte audit ordre». Euh?!? C’est justement l’objectif d’un ordre professionnel que de rendre l’accès à la pratique plus restrictive et fixer des balises rigoureuses permettant d’assurer la protection du public. Avant d'entreprendre mes études en ostéopathie, j’étais déjà une professionnelle de la santé, puisque j’ai été membre de l’ordre professionnel de la physiothérapie. Je n’ai pas choisi mon école d’ostéopathie en fonction de la facilité ou du moindre coût de la formation offerte. J’ai choisi une école qui offrait une formation qui répondait aux normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Aux termes de mes études, je me sentais compétente. Aujourd’hui, je suis fière d’avoir fait ce choix et j’applaudis l’arrivée prochaine d’un ordre professionnel avec des standards élevés et rigoureux. Je trouve aussi curieux les attaques de Mme Durand contre Ostéopathie Québec. Non seulement est-elle la plus importante association d’ostéopathes au Québec, mais elle est aussi la seule à ne pas être associée directement à une école privée. C’est aussi la seule association d’ostéopathe à avoir mis en place des mécanismes de protection du public, tel qu’un syndic et un comité de discipline. En attendant la création de l’ordre, les patients ont ainsi un recours lorsqu’ils ont des griefs contre un ostéopathe membre de cette association. La création d’un ordre professionnel n’est pas une activité pour plaire à une association ou à une école. C’est d’abord et avant tout pour la protection du public. L’heure n’est donc pas à la guerre des associations et des écoles. On devrait plutôt tous dire «oui à un ordre professionnel des ostéopathes… pour la protection du public». Marie-Eve Campéano, D.O. Candiac    

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