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Phoques sur les berges de la Montérégie: prière de ne pas déranger !

jeudi le 10 septembre 2020
Modifié à 13 h 39 min le 10 septembre 2020
Par Geneviève Michaud

gmichaud@gravitemedia.com

La semaine dernière, des photos d’un phoque à capuchon se reposant sur terre ont fait le tour des réseaux sociaux. Deux jours plus tard, un autre spécimen de la même espèce a été aperçu dans la rivière Richelieu. Si leur présence dans la région a de quoi surprendre, elle ne constitue pas un cas d’exception. Certains se souviendront qu’à l’été 2019, un phoque avait été filmé par des curieux près de Varennes alors qu’à l’hiver 2015, c’est plutôt aux environs de Contrecœur que c’était produit un événement similaire.  Au cours de la dernière décennie, des phoques ont aussi été observés au large de Verdun, près l’Île-Perrot ainsi que dans la Rivière des Prairies. Selon Marie-Ève Muller, responsable des communications du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), même si leur habitat naturel se retrouve à des centaines de kilomètres en aval dans le Saint-Laurent, de telles apparitions sont signalées chaque année. «En fait, les phoques sont vraiment bien adaptés au milieu aquatique, explique cette dernière. Ce sont d'excellents nageurs qui ont l'habitude de parcourir de bonne distance. Cela étant dit, est-ce que ces phoques-là n’ont pas compris où s’arrêter? Est-ce qu’une situation les a poussés à poursuivre leur chemin plus loin que d’habitude? C’est difficile de savoir.» Selon Mme Muller, le fait que la population de phoques soit en augmentation contribue à rendre ces occurrences plus probables aujourd’hui qu’elles ne l’étaient il y a quelques années. Gare aux zoonoses Malade, on sait aujourd’hui que le premier phoque à capuchon aperçu cet été a dû être euthanasié afin d’éviter la transmission de zoonoses aux humains et autres espèces. «On peut se demander si la maladie a contribué à ce qu’il se retrouve aussi loin de son habitat naturel, suggère Mme Muller. Peut-être également qu’il avait un tempérament plus explorateur et qu’il est tombé malade en arrivant ici. Ce que je peux dire, c’est que, quand des phoques explorent aussi loin hors de leur territoire, ce sont généralement des jeunes dans leurs deux ou trois premières années de vie. Et c’est la même chose du côté des cétacés. C’est un comportement d’ailleurs qu’on retrouve chez à peu près toutes les espèces de mammifères.» Si ces comportements permettent à certains phoques plus braves de découvrir de nouveaux territoires, la présence humaine constitue en soi une menace pour leur sécurité. «C'est pourquoi nous aimons avoir des signalements lorsque les animaux sont hors de leur secteur. Plus ils remontent le courant, plus ils se mettent en danger. Les rampes de mise à l’eau peuvent notamment constituer une menace à leur sécurité. Un jeune phoque pourrait ne pas avoir le réflexe de se tasser au passage d’un bateau ou de constater par lui-même qu’il ne devrait pas se retrouver dans cet endroit. C’est pourquoi, en suivant l’évolution de la situation, nous sommes en mesure de savoir si nous devons déplacer l’animal.» Gardez vos distances Si une intervention ne se fait jamais sans risque pour l’animal et les humains impliqués, il est d’autant plus important pour les simples observateurs de ne pas tenter d’interagir avec le phoque en tentant de le nourrir par exemple ou de le remettre à l’eau. «C’est illégal, précise Marie-Ève Muller. La survie du phoque dépend vraiment de sa capacité à se nourrir par lui-même et d’aller chercher des proies fraîches. On ne veut pas qu’il développe l’habitude de se laisser nourrir et de prolonger son séjour. Ce sont des mammifères amphibies, donc bien adaptés pour être à l’extérieur de l’eau. Et d’habitude, quand ils sortent de l’eau, c’est vraiment parce qu’ils ont besoin de se reposer. De là l’importance de garder ses distances et de garder les chiens en laisse pour éviter qu’il y ait interaction.» Pour plus d'informations sur les activités du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins, visiter le gremm.org.