Polytechnique: une centaine de personnes réunies à Brossard pour se souvenir

Polytechnique: une centaine de personnes réunies à Brossard pour se souvenir
(Photo : Robert Côté - Le Reflet)

Plus d’une centaine de personnes se sont réunies au centre socioculturel Alphonse-Lepage de Brossard pour souligner le 30e anniversaire de la tuerie de Polytechnique, le 6 décembre. La Table de concertation en matière de violence conjugale et d’agression sexuelle de l’agglomération de Longueuil et de la MRC Marguerite-d’Youville souhaitait ainsi rappeler l’attentat antiféministe où 14 femmes ont perdu la vie, le 6 décembre 1989.

Parmi elles se trouvait la jeune Nathalie Croteau, une résidente de Brossard de 23 ans. Un centre communautaire de la Ville porte désormais son nom afin qu’elles ne soient jamais oubliées, elle ainsi que toutes les femmes décédées en cette triste journée.

Ciblées parce qu’elles étaient des femmes

La soirée a été animée par une intervenante du Carrefour pour Elle et un intervenant d’Entraide pour Hommes, afin de symboliser l’importance de vivre dans une société égalitaire.

Dans le mot d’ouverture, les animateurs ont rappelé que le tueur de Polytechnique a commis un crime antiféministe et qu’il s’en prenait uniquement aux femmes parce qu’elles étaient des femmes. Ils ont également mentionné que le tueur voulait que son geste soit politique et visait les féministes, car il jugeait que ces dernières voulaient prendre les avantages et les privilèges des hommes à leurs dépens.

Une minute de silence a été réalisée pour permettre au public d’honorer les 14 victimes de Polytechnique et toutes les autres femmes qui ont été et qui sont encore victimes de violence.

Plusieurs artistes ont pris part à la soirée et ont livré des performances afin de dénoncer les violences faites aux femmes. La slammeuse Noémie Dubuc, l’auteure-compositrice-interprète indie-folk Laura Lefebvre et l’artiste multidisciplinaire Ines Talbi ont élevé leurs voix afin de transporter le public dans un moment de recueillement et de solidarité.

La peintre Isabelle Langlois a également exposé douze toiles ornant des portraits émouvants de femmes. L’artiste s’inspire de son travail d’intervenante en maison d’hébergement pour créer.

Nathalie Trottier, une ex-victime de violence conjugale, a témoigné de son vécu et a livré un puissant message d’espoir. Pour elle, il est possible de sortir du cycle de la violence. Elle a mentionné que les nombreuses ressources du territoire l’ont bien soutenue et accompagnée tout au long de son processus d’émancipation.

L’événement commémoratif s’est terminé par le chant collectif Il y a longtemps que l’on sait, composé dans le cadre de ce 30e anniversaire par Mélissa Blais, Carole Boulebsol et Francine Descarrie.

Une femme tuée tous les 2,5 jours

Pour la Table de concertation, les violences faites aux femmes résultent des inégalités persistantes entre les femmes et les hommes. Elle croit que tant que les inégalités persisteront, les femmes continueront d’être majoritairement victimes de violence.

«Les statistiques du ministère de la Sécurité publique sont éloquentes à ce sujet et démontrent que les femmes sont majoritairement victimes des actes criminels les plus graves et les plus lourds de conséquences: homicides, tentatives de meurtre, agressions sexuelles, séquestrations, etc., précise l’organisme. Près des 80% des plaintes recueillies par les policiers sont faites par des femmes dans un contexte de violence conjugale. Au Canada, à chaque 2,5 jours, une femme sera tuée.»

(Source: Carrefour pour Elle)

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