Un groupe en adaptation scolaire s’investit pour aller à Walt Disney

Par Vicky Girard
Un groupe en adaptation scolaire s’investit pour aller à Walt Disney
(Photo : Le Reflet - Denis Germain)

Une vingtaine d’élèves d’un groupe en adaptation scolaire multiplient les campagnes de financement pour aller à Walt Disney, en Floride. Il s’agira du premier voyage de ce genre pour des jeunes atteints de déficience intellectuelle à l’école secondaire de la Magdeleine à La Prairie.
Deux enseignantes et une technicienne en éducation spécialisée (TES) sont à l’origine de ce projet.
«Ça fait plusieurs années que nous souhaitons faire un voyage avec nos classes en adaptation scolaire. J’ai essayé d’aller au Nicaragua avec eux il y a 6 ans, mais ça n’a jamais fonctionné à cause de l’argent», explique Susan Davis, enseignante.
En mai, l’équipe a présenté l’idée au conseil d’établissement de l’école.
«Avec le temps, la direction et les parents des élèves savent à quel point on s’investit et qu’on est capables de ramasser de l’argent», dit Rachel Dussureault, TES.
Rapidement, tout s’est mis en branle pour le voyage, qui aura lieu en avril 2020. Sur 28 élèves âgés de 12 à 21 ans, répartis dans 3 classes, 19 participeront à l’activité. Le coût est de 2 200$ par élève, soit un total d’environ 42 000$ pour le groupe.
«Ça nous laisse beaucoup de temps pour faire plusieurs campagnes de financement. On a commencé au mois d’octobre», laisse savoir Gabrielle Gendreau, enseignante.

Des périodes de classe sont consacrées aux tâches de la mini-entreprise en route vers Walt Disney. (Crédit photo: Le Reflet – Denis Germain)

Apprentissage et autonomie
Les élèves doivent mettre la main à la pâte pour ramasser des fonds afin de couvrir une partie des coûts. Depuis octobre, ils ont mis en pot des marinades, emballé et distribué des bonbons d’Halloween, fabriqué et vendu des sucres d’orge et des chocolats, puis distribué des billets de tirage pour aller voir une partie des Canadiens de Montréal.
«C’est comme une mini-entreprise. Ils prennent les commandes et passent de classe en classe, ils font les friandises, ils vont les livrer et comptent l’argent amassé», explique Mme Dussureault.
Mme Gendreau précise que pour les élèves qui sont atteints de déficience légère à moyenne, de dysphasie, d’un trouble du spectre de l’autisme, d’un trouble d’attachement ou d’autres types d’handicap, la manipulation et la motricité fine représentent des gros défis.

«C’est immense pour les élèves de voyager entre amis. Certains n’ont jamais couché ailleurs qu’à la maison.»
–Rachel Dussureault, technicienne en éducation spécialisée

«Pour nous, c’est facile de mettre des bonbons dans un sac et de friser un ruban avec une paire de ciseaux, mais ce n’est pas facile pour nos élèves», laisse savoir Mme Davis.
Elle explique que dans le programme, les élèves sont dans un volet académique de 12 à 15 ans et que la matière enseignée équivaut au 1er cycle du primaire. Ensuite, à l’âge de 16 à 21 ans, l’éducation est basée sur le marché du travail, afin que les jeunes se trouvent un emploi.
«Faire des tâches pour un objectif comme celui-là, c’est tellement motivant pour eux. Ils apprennent beaucoup», dit Mme Dussureault.
«Certains profs nous ont dit de ne pas nous embarquer là-dedans en parlant par exemple des tirages qui nécessitent un permis de la Régie [des alcools, des courses et des jeux], mais on aime ça, ça ne nous dérange pas», confie la technicienne en éducation spécialisée.
Mme Gendreau ajoute que «c’est aussi beaucoup de préparation, parce que les élèves sont tous médicamentés, mais on va avoir beaucoup de plaisir là-bas».
À la fin du mois de novembre, le groupe avait accumulé 1 500$ avec la vente de bonbons d’Halloween et avait vendu environ 1 000 sucres d’orge en une semaine.
Autres campagnes de financement
-Campagne de financement sur GoFundMe accessible à tous (https://www.gofundme.com/voyage-a-walt-disney);
-Quille-o-thon;
-Spectacle-bénéfice d’été.

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