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Une Candiacoise veut démystifier l'anxiété et la dépression post-partum

mercredi le 06 avril 2022
Modifié à 14 h 18 min le 08 avril 2022
Par Marie-Josée Bétournay

redactionsc@gravitemedia.com

Mère de trois fils, Natasha MacDonald veut démystifier l’anxiété post-partum. (Photo: Le Reflet – Denis Germain)

Natasha MacDonald, une adepte de la course à pied, courra dans les rues de Candiac au profit de la marche pour Flora du Collectif canadien pour la santé mentale périnatale, le 30 avril. Sa sortie comptera 23,80 km, sinon plus.

En marge de la marche pour Flora, la résidente de Candiac a organisé une campagne de financement. Elle s’est engagée à parcourir 10 mètres pour chaque dollar amassé afin d’aider le Collectif à poursuivre ses activités de sensibilisation et soutenir Amber, un poupon dont la mère ontarienne Flora atteinte de dépression post-partum s’est enlevé la vie le 14 janvier. Sa fille avait alors un peu plus de deux mois.

«Les gens vont vouloir me soutenir, mais me torturer un peu, lance en riant celle qui aime se fixer des objectifs sur le plan sportif. Mes jambes ne sont pas contentes, mais mon cœur oui. C’est ce qui est important.»

En date du 29 mars, Natasha MacDonald avait recueilli 2 380 $, soit 380 $ de plus que l’objectif fixé. Les personnes qui le désirent peuvent encourager la sportive sur sa page de financement jusqu’au 30 avril. Au moment de l’entrevue, la Candiacoise ne connaissait pas encore le trajet, mais des points d’intérêt étaient dans sa mire.

«Le parc de Deauville, c’est certain. Je vais passer devant les pompiers (la caserne incendie) et l’hôtel de ville, le parc André-J.-Côté. Il y a de bonnes chances que je cours sur place de Chambord», explique-t-elle.

Mme MacDonald franchira la distance tantôt seule, tantôt aux côtés de copines.

«Une amie fera peut-être le premier 10 km, une autre du kilomètre 14 à 18, car ce sont les kilomètres les plus difficiles mentalement», dit-elle.

La marche pour Flora aura lieu le 4 mai. Natasha MacDonald courra quelques jours plus tôt, un jour de fin de semaine.

Dépression et anxiété post-partum

Natasha MacDonald est sensible au sort de Flora. Elle a connu la dépression et l’anxiété post-partum après la naissance de son premier fils. La Candiacoise explique avoir été amoureuse de son enfant, une connexion en moins. 

«Ça m’a donné l’impression de ne pas être assez bonne pour lui, avoir une montagne à mes pieds», souligne-t-elle.

Ces sentiments, la jeune femme les a vécus après la naissance de ses deux autres fils également. La mère de trois garçons, aujourd’hui âgés de 7, 5 et 2 ans, ne s’est pas dirigée vers des ressources à ce moment, en raison de la peur et la honte qui l’habitaient. Son initiation à la course à pied, quelques mois après la naissance de son second fils, l’a aidée à gérer son anxiété. Pendant ces périodes, elle dit avoir été soutenue par son entourage, famille, belle-famille, amies et professionnels.

«J’ai un village incroyable autour de moi», affirme-t-elle.

Elle ajoute avoir attendu un peu plus de 3 ans avant de se confier à son mari sur la santé mentale périnatale. Pour Mme MacDonald, l’amour pour ses enfants s’est avéré plus fort que sa dépression post-partum.

Par son geste, la résidente de Candiac livre un message: la sensibilisation à la santé mentale, sous toutes ses formes.

«La première étape, c’est d’en parler ouvertement», conclut-elle.

«Quand je me suis inscrite à cet événement, j'ai partagé pour la première fois mon histoire sur mes réseaux sociaux et l'effusion de soutien et de personnes qui m'ont contactée pour me confier leur propre combat était incroyable.»

-Natasha MacDonald